Architecture Technique Génie climatique

Le nouveau F-Gaz remue l’air conditionné

Mots clés : Equipements techniques et finitions

Depuis le 1er janvier 2015, la réglementation sur les hydrofluorocarbures s’est durcie. Le secteur cherche une alternative à ce fluide réfrigérant.

Sous la pression de l’Union européenne, le monde de la climatisation se prépare à de grands changements. Depuis le 1er janvier dernier, les hydrofluorocarbures (HFC) se trouvent sous le coup d’une nouvelle réglementation F-Gaz. Ces gaz à effet de serre sont couramment utilisés comme fluides réfrigérants dans les systèmes d’air conditionné et les pompes à chaleur. Cependant, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), ils possèdent un potentiel de réchauffement planétaire (PRP) élevé. Cet indicateur représente la quantité de CO2 provoquant un effet similaire sur l’atmosphère. Le R-410A, un mélange de HFC employé dans des climatiseurs, affiche ainsi un PRP de 2 100 équivalents CO2 (eq. CO2). La Commission européenne a donc décidé de réagir. Entre autres mesures, le règlement F-Gaz impose désormais une limitation progressive de la mise sur le marché des HFC. Bruxelles a ainsi attribué des quotas de production en eq. CO2 à chaque fabricant ou importateur de ces substances chimiques. Des quotas qui seront diminués graduellement, avec une réduction brusque de 37 % en 2018. La mesure devrait engendrer une augmentation des prix de fluides à haut PRP et, par ricochet, du coût de maintenance de certaines installations.

Des molécules encore indispensables.

Les acteurs de la filière se sont préparés à cette nouvelle donne. Les industriels du secteur de la chimie ont déjà commercialisé de nouveaux fluides à base d’hydrofluoroléfine (HFO), dotés d’un PRP inférieur à 10. Une autre voie envisageable serait le recours au CO2 et à l’ammoniac comme réfrigérants. Mais, pour Xavier Baron, responsable système de l’entreprise française Ciat, « ces dispositifs présentent trop de contraintes pour se généraliser. Quant aux HFO, ils nécessitent une modification complète du matériel existant. » Confrontée à ces obstacles techniques, Ciat préconise un procédé à boucle d’eau. Les HFC sont ainsi confinés dans une pompe à chaleur (PAC) extérieure, contrairement à un système à détente directe, où le fluide réfrigérant circule dans tout le circuit de climatisation. La PAC refroidit de l’eau qui va apporter cette fraîcheur dans tout l’immeuble. « Pour un bâtiment de bureaux de 1 500 m2 avec des besoins en froid de 80 kW, un circuit avec un vecteur eau utilise jusqu’à quatre fois moins de HFC qu’un dispositif à détente directe », souligne Xavier Baron.

Pour sa part, le groupe Daikin commercialise depuis 2012, au Japon, des unités de refroidissement au R-32, un HFC avec un PRP de 675, bien inférieur au traditionnel R-410A. « Pour la climatisation domestique, le R-32 offre le meilleur compromis entre réduction des émissions et réduction des consommations énergétiques », assure François Deroche, responsable marketing de Daikin France. Le règlement F-Gaz ouvre des perspectives pour ces équipements en Europe. « Depuis mars, nos principales gammes de pompes à chaleur air/air sont proposées à la fois au R-32 et au R-410A », ajoute-t-il. Les HFC resteront donc dans les tuyaux quelques années supplémentaires.

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