Architecture Technique 5/6

Le nouveau départ de l’usine Mécano

Mots clés : Bibliothèques, centres de documentation et de consultation d'archives - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Matériel - Equipement de chantier

Désaffectée en 1978, l’usine d’outillage de la Courneuve (Seine-Saint-Denis) renaît sous forme de médiathèque et de pôle administratif de l’hôtel de ville.

Depuis que l’industrie a commencé à péricliter dans les années 1970 au profit du tertiaire et du chômage, les reconversions de bâtiments pullulent, à l’instar de l’usine Mécano à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Créée lors de la Première Guerre mondiale, fermée en 1978 avec la crise pétrolière, cette ancienne fabrique d‘outillage de précision vient d’être remise en route, avec la double fonctionnalité de médiathèque et de pôle administratif de la Ville qui l’a intégrée au plan d’occupation des sols (POS) au titre de « patrimoine local remarquable ». « Si ce patrimoine industriel a un rôle à jouer dans la nouvelle réalité urbaine de La Courneuve, ce n’est pas seulement celui de témoin passif et encombrant d’un passé révolu », affirment, avec aplomb, les architectes de Flint en charge de sa réhabilitation. Voilà qui est dit. Cette réanimation d’un édifice utilitaire, étonnant par l’emploi de la pierre meulière au service de la monumentalité, s’inscrit en effet dans le projet de requalification du quartier de la mairie, jusqu’alors fragmenté par d’anciennes emprises foncières industrielles, dont celle de Mécano.

Devenue un édifice à l’allure de temple, doté de deux porches monumentaux – l’un pour la médiathèque, l’autre pour le pôle administratif -, l’ancienne usine semble avoir réussi sa mue en équipement public sans rien changer ou presque à son apparence extérieure : façades simplement nettoyées au jet d’eau ; portes et fenêtres condamnées toujours apparentes, avec du béton de remplissage pour celles obturées au temps du fonctionnement de l’usine ; avec des planches de bois pour celles qui sont bouchées aujourd’hui. Car, dans la lignée de l’architecte Carlo Scarpa (1906-1978), maître dans l’art de la restructuration du patrimoine ancien, il ne s’agit pas de restituer un état originel, vierge de toute utilisation, mais de laisser apparaître les transformations successives comme autant de strates historiques.

Principe de la « boîte dans la boîte ».

Pour loger le programme, les architectes ont appliqué le principe de la « boîte dans la boîte », ou encore celui des poupées russes : les planchers ayant été démolis, un nouveau bâtiment, doté de sa propre structure, enveloppe et palette de matériaux, est inséré dans l’enceinte de l’usine, évidée de ses planchers. Conservées mais sans plus de fonction porteuse, les colonnes d’origine en pierre aux surfaces rugueuses ponctuent l’espace, donnant aux lieux l’apparence d’un site gallo-romain. Deux moucharabiehs en métal perforé – rappels de la vocation de l’usine – sont déployés dans l’encadrement des porches et se retournent en faux plafond dans les espaces d’accueil. Avec ce claustra surajouté comme un rideau de scène, la tentation du décor a eu raison d’un travail de réhabilitation réalisé partout ailleurs dans les entrelacs de l’histoire de l’usine.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Plaine Commune communauté d’agglomération. Assistant à maîtrise d’ouvrage : Switch. Maîtrise d’ouvrage mandataire : SEM Plaine Commune Développement. Maîtrise d’œuvre : Flint, architecte mandataire (Christophe Gautié, Véronique Tastet) ; Cédric Barbet, architecte associé (chantier). BET : Khephren (structure), Alto Ingénierie (fluides), VPEAS (économiste), Jean-Paul Lamoureux (acousticien). Entreprise générale : Petit (Vinci). Surface : 5 300 m2 Shon. Coût des travaux : 14,11 millions d’euros HT.

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