Territoires Architecture

« Le monde bouge, le métier d’architecte doit évoluer »

Mots clés : Architecture

Jean-Michel Daquin, président de l’0rdre des architectes d’Ile-de-France. Du 6 au 9 avril, l’Ordre organise trois journées de rencontres sur le thème : « Architecte : un métier en (r) évolution.

Pourquoi organisez-vous ces rencontres ?

Nous vivons de grands bouleversements. La transition écologique modifie l’approche des bâtiments. La révolution numérique change nos outils et nos pratiques. La mutation des modes de vie demande de réfléchir autrement la programmation urbaine et architecturale, la conception du bâti, l’évolutivité du logement – qui devient maintenant une évidence – ou encore la flexibilité des équipements. Avec le monde qui bouge, le métier d’architecte doit évoluer. Mais nous devons faire plus que nous adapter, nous devons avoir un temps d’avance. Le rôle de l’Ordre est d’accompagner la profession, l’aider à se moderniser, à se réinventer, à se repositionner. Si nous n’évoluons pas, nous serons dépassés.

Quels autres sujets vont mobiliser l’Ordre en 2016 ?

Nous allons mettre en place une formation « Travailler avec les promoteurs privés », qui s’inscrit dans le prolongement du laboratoire « Marchés privés », créé il y a deux ans. Nous assistons actuellement à un glissement de la commande publique vers la commande privée. En Ile-de-France, la vente en l’état futur d’achèvement représente près de 60 % de la construction neuve de logements sociaux. Cette formation doit permettre aux architectes de mieux comprendre le modèle économique des promoteurs privés, la nature du maître d’ouvrage qu’ils ont en face d’eux afin de développer des relations équilibrées. Il faut que les promoteurs comprennent que les architectes sont aussi des entrepreneurs, qu’ils ont aussi besoin de dégager des marges pour investir, s’équiper pour le BIM, se former… Et in fine produire ensemble de la qualité.

Avec « Réinventer Paris », « Inventons la métropole », « Les hubs du Grand Paris », « Dessine-moi le Grand Paris de demain »… les appels à projets urbains innovants se multiplient. Qu’en pensez-vous ?

La volonté de mettre de l’innovation dans la programmation urbaine et celle des constructions, en mettant les architectes au cœur du processus, est évidemment une bonne chose. Mais nous savons que ces appels à projet nécessitent un travail de recherche et de conception considérable – et « Réinventer Paris » en a été une démonstration -, ils doivent donc être rémunérés à leur juste mesure. Il est temps pour la puissance publique de soutenir économiquement la recherche et le développement des entreprises d’architecture comme c’est le cas dans les autres secteurs d’activités.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur www.lemoniteur.fr/croaif

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