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Le métré s’effectue maintenant sur tablette

Aujourd’hui, il suffit de filmer une pièce avec une tablette tactile pour obtenir son métré. Demain, il sera aussi possible d’y intégrer des éléments, pour passer en réalité augmentée.

Tous ceux qui ont déjà réalisé un métré le savent bien. L’opération est parfois complexe, souvent répétitive, toujours chronophage. Les stations totales sur trépied proposées par Faro, Leica, Topcon ou encore Trimble sont très efficaces, mais aussi encombrantes et coûteuses. La plupart du temps, faute de moyens, les mesures sont donc encore relevées manuellement, avec un mètre laser, voire encore le traditionnel mètre ruban. Et il faut parfois revenir sur le chantier, mesurer une cote oubliée ou imprécise. C’est ainsi que Betom Ingénierie, bureau d’études pluridisciplinaire dans le neuf et la réhabilitation, avait l’habitude de réaliser ses métrés.

Mais depuis début janvier, Jean-Baptiste Triger, ingénieur chef de projet en réhabilitation, teste MyCaptR. Il s’agit d’une nouvelle application française de métré, installée sur une tablette tactile, au dos de laquelle est fixée une caméra Structure Sensor, mise au point par la start-up nord-américaine Occipital. En tenant sa tablette devant lui, l’ingénieur filme à la volée et scanne dynamiquement chaque pièce, de droite à gauche et de haut en bas, sans ordre ni rythme précis mais avec un trait de niveau, repéré sur la tablette, à respecter. Pour plus de précision sur un mur ou une arête, il s’en approche et le résultat est automatiquement repositionné par le GPS et le gyroscope de la tablette. Le nuage de points est immédiatement visualisable en 3D ou en plan sur la tablette, et les scans de plusieurs pièces contiguës peuvent être fusionnés.

Conversion des données pour le BIM.

« Pour le moment, il faut prendre le coup de main, ce qui réclame un apprentissage, reconnaît Jean-Baptiste Triger. A terme, le relevé sera très rapide, en tout cas plus qu’avec les outils traditionnels ; en plus il ne sera pas nécessaire de revenir une seconde fois. » Au bureau, les données sont converties dans un format adapté aux logiciels de CAO/BIM du marché (Revit, ArchiCAD ou Allplan), pour être nettoyées. « C’est ce qui semble encore prendre le plus de temps actuellement », poursuit-il. Surtout, il est nécessaire d’enlever les objets (meubles ou équipements), quand les pièces scannées ne sont pas vides. Le fichier servira alors de base de métré, pour élaborer la maquette numérique du bâtiment.

Développée pendant deux ans à Troyes (Aube) dans les laboratoires de la start-up Levels3D, la première version de MyCaptR pourrait être commercialisée en avril prochain, au prix de 20 euros HT/volume ou par abonnement à moins de 200 euros HT/mois. C’est Yannick Folliard, un Français spécialiste de la postproduction cinématographique, qui s’est emparé de l’idée du scan mobile d’Occipital, avec l’objectif de la transposer dans le secteur de la construction. Il ne compte pas s’arrêter là : une seconde version de l’application est déjà en préparation. D’abord pour automatiser le transfert de données : la maquette numérique BIM sera directement accessible depuis la tablette, et l’utilisateur la retouchera sans recourir à un logiciel spécialisé. Ensuite, et surtout, il sera possible d’intégrer des objets (meubles, décoration, accessoires) qui deviendront visibles en réalité virtuelle. Il suffira de déplacer la tablette dans la pièce pour voir à l’écran différents aménagements et décorations proposés. Face à leurs clients, les entrepreneurs ou les décorateurs pourront alors faire leur show.

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