Architecture Equipement

Le mélèze fait classe

Mots clés : Bardage

L’école d’Albens affiche un bardage en lanières qui impulse son rythme à l’ensemble de l’édifice.

La première année d’existence de l’école d’Albens (Savoie) illustre l’actuel processus de réforme territoriale. Son maître d’ouvrage était la commune, mais désormais, la gestion en incombe à la commune nouvelle d’Entrelacs, au sein de laquelle Albens a été intégrée au 1er janvier 2016. Néanmoins, c’était en fonction du site bien particulier du vieux village que l’agence de Christian Patey avait conçu son projet, l’école devant se glisser entre ce bourg aux toits savoyards avec demi-croupes et le nouveau tissu pavillonnaire, très végétal.

Les architectes ont choisi d’accrocher la construction à l’espace public tout en limitant son emprise grâce à la superposition des fonctions sur deux niveaux. Un parvis peu profond donne donc accès depuis la rue à l’équipement, qui se développe d’est en ouest, avec un corps principal parallélépipédique accueillant en rez-de-chaussée les fonctions communes (bureaux, salle plurivalente, salle de motricité, restaurant et office), et à l’étage les huit classes élémentaires ainsi que l’antenne du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased). A son angle nord-ouest se greffe un second parallélépipède, d’une longueur deux fois moindre, et limité à un rez-de-chaussée afin que les parents puissent accompagner leurs bambins de maternelle jusqu’aux portes des quatre classes, auxquelles s’accole la bibliothèque.

Logique de réduction de l’emprise au sol. Le plan adopté apporte aux classes une exposition sud-nord, moins sujette aux surchauffes et à l’éblouissement qu’une exposition est-ouest.

Il permet aussi de placer cour des élémentaires et cour des maternelles au sud des bâtiments, abritées donc de la bise par ceux-ci, et à l’écart des flux de véhicules. L’implantation des indispensables préaux poursuit la logique de réduction de l’emprise au sol : au lieu de prendre la forme d’édicules hors œuvre, les préaux consistent en des évidements pratiqués dans le corps même du parallélépipède principal. En façade sud pour celui des élémentaires, à l’angle sud-ouest pour celui des maternelles. Ces antres qui protègent les récréations du vent du nord autant que de la pluie creusent la construction sur toute sa hauteur. Le préau des élémentaires communique avec la cour par quatre ouvertures monumentales. L’impression qu’elles procurent de lanières arrachées à l’enveloppe de la construction se poursuit sur l’ensemble des façades sud et nord.

De fait, en recul par rapport à la vêture de panneaux minéraux composites, s’intercalent des bandes verticales habillées, elles, de clins de mélèze brut. Les effets de profondeur ainsi créés sont encore accrus par le fait que la totalité des baies s’inscrivent dans les bandes de mélèze. Profondeur et mouvement ondulatoire prennent vie grâce à ces baies qui se jouent des alignements horizontaux. Les espaces intérieurs, en revanche, s’organisent selon des dispositions tout à fait rectilignes.

Maîtrise d’ouvrage : commune d’Albens. AMO : Amoland. Maîtrise d’œuvre : Patey Architectes. BET : Ibse (structure), CBS-CBT (planchers bois-béton), CET (fluides, cuisine), Echologos (acoustique), l’atelier des Cairns (paysage). Principales entreprises : Langain (gros œuvre), Lifteam (planchers bois-béton), André Roux (bardage, menuiserie). Surface : 3 063 m2 Shon. Coût des travaux : 5,43 millions d’euros HT.

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