Enjeux

Le maître d’ouvrage donne des gages aux PME

Mots clés : Maîtrise d'ouvrage - PME

Le bilan des marchés déjà conclus incite à l’optimisme chez les PME, auxquelles 20 % des contrats sont promis.

Le « chantier du siècle » à 25 milliards d’euros tient ses promesses auprès des PME, en tout cas pour le moment. La Société du Grand Paris (SGP), qui s’est engagée à confier 20 % des marchés du chantier du Grand Paris Express (GPE) à des petites entreprises, vient de dévoiler les premiers chiffres de l’Observatoire des PME, cette structure ad hoc lancée en février dernier. Bilan ? La trajectoire est plus qu’encourageante. Entre 2013 et 2017, « déjà 12 % des paiements effectués par la SGP l’ont été auprès de PME, et 20 % auprès d’ETI », selon le document de référence. Le total représente à l’heure actuelle 570 millions d’euros.

Ultramajoritaires chez les fournisseurs. Et pour Philippe Yvin, président du directoire de la SGP, le maître d’ouvrage, la dynamique ne devrait pas s’essouffler. « Les contrats du Grand Paris Express bénéficient déjà à 963 PME, soit plus de 90 % du total de nos fournisseurs », annonce-t-il. Une large majorité de ces sociétés (61 %) ont leur siège en Ile-de-France. La SGP n’a pas livré le détail de leurs secteurs d’activité, mais toutes n’appartiennent pas à celui de la construction. Des prestations de traiteur ou de reprographie sont ainsi incluses dans ce total.

3,7 Mds € : le montant des lots de génie civil de la ligne 15 sud du GPE, dont 20 % attribués à des PME.

Au sein des entreprises de travaux publics, l’optimisme prévaut. Les travaux de la ligne 15 sud du GPE (qui reliera Noisy-Champs, en Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne, à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine), dont les huit lots de génie civil ont tous été attribués, sont cités en exemple. « Je ne croyais pas trop à cet objectif annoncé, mais les résultats sont là et le calendrier est respecté, applaudit José Ramos, le président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) Ile-de-France. Nos terrassiers locaux profitent par exemple de ces marchés en sous-traitance, et nos entreprises démontrent leur capacité d’innovation sur la gestion des déblais ou le recyclage des terres. » Un discours appuyé par Pierre Decarpentrie, président de Syneos (80 collaborateurs). La société intervient en sous-traitance pour Dacquin et Léon Grosse, fournissant entre autres le béton prêt à l’emploi (BPE). « Nous avons senti de la confiance de la part

des grandes entreprises, elles apprécient notamment notre flexibilité, c’est rassurant », se réjouit-t-il.

Le carnet de commandes de cette PME familiale, basée à Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), a pris un bel embonpoint : elle livrera au total près de 75 000 m3 de BPE entre janvier 2017 et la mi-2019, pour la ligne 15 sud. Elle a investi dans de nouvelles centrales à béton, dont quatre sont dévolues à ce seul chantier. Mais pas question pour Pierre Decarpentrie de se focaliser sur le Grand Paris. « Nous continuerons à candidater pour des lots du GPE, notamment la ligne 16, mais nous conservons en parallèle notre clientèle habituelle. » En attendant le prochain point d’étape de l’Observatoire des PME, en octobre, les acteurs gardent les manches retroussées. « A l’heure actuelle, 785 entreprises, mandataires comme PME, sont inscrites sur la plate-forme digitale CCI Business, qui crée les opportunités pour les petites entreprises de profiter des chantiers du GPE », relève José Ramos. Une dynamique qu’il va falloir entretenir, tant l’immense chantier qu’est devenu Paris doit avancer au pas de charge. Surtout si la capitale décroche les Jeux olympiques en 2024.

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