Territoires Pays de la Loire

« Le logement social est un investissement rentable »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

Entretien avec Fabienne Labrette-Ménager, présidente de l’Union sociale pour l’habitat des Pays de la Loire.

Du 27 au 29 septembre, la ville de Nantes accueille le 77e congrès de l’Union sociale pour l’habitat (USH). L’occasion de faire le point sur le mouvement HLM dans les Pays de la Loire avec Fabienne Labrette-Ménager.

Vous succédez à Georges Décréau à la présidence de l’USH des Pays de la Loire. Pouvez-vous vous présenter ?

Je fais partie de ces 50 % de Français qui ont commencé leur vie dans un logement social ; moi, c’était dans les tours de Colombes, en banlieue parisienne. Aujourd’hui, je préside un organisme, Sarthe Habitat. Que ce soit en tant que députée, mandat que j’ai assumé pendant cinq ans, travaillant notamment sur des questions liées au développement durable, ou en tant que maire d’une commune rurale [Fresnay-sur-Sarthe, NDLR], le logement social m’a toujours parlé. C’est un laboratoire qui accompagne toutes les transitions de la société. Ce peut être aussi un outil d’aménagement et d’attractivité du territoire.

Quelles sont les particularités du parc locatif régional ?

Sa singularité est de ne pas en avoir. Nous avons des territoires tendus, tels que Nantes, d’autres très détendus, comme les territoires très ruraux ou des territoires littoraux en façade atlantique. Loger des personnes à Nantes ou dans mon village de 2 100 habitants, ce n’est pas la même chose. L’activité des organismes en région se distingue pourtant par trois aspects. C’est une terre d’accession sociale à la propriété. En 2015, elle a été la deuxième région française pour le prêt social de location-accession (PSLA), avec près de 800 mises en chantier et un volume global d’accession sociale record de 1 400 logements mis en chantier. Enfin, avec 4 600 logements construits par an en moyenne, le rythme de production y est soutenu depuis dix ans. Même constat pour la réhabilitation du parc, effective depuis 1981 et estimée à 150 000 logements. Sur un autre terrain, on peut aussi rappeler que le fichier commun de la demande a été créé dans la région en 1998 ; il est aujourd’hui effectif dans une trentaine de départements. C’est une bonne illustration de la capacité des organismes ligériens à travailler ensemble.

Quelles seront les priorités de votre mandat ?

Les collectivités et les élus locaux sont des partenaires essentiels du logement social. Loin d’être un coût pour la collectivité, le logement social est un investissement rentable, d’un point de vue économique et social ; c’est aussi un outil pouvant amener un renouvellement générationnel dans des territoires vieillissants. Pour montrer toute la palette d’intervention des organismes, nous avons invité 160 élus de toute la région à se rendre au congrès et à visiter des opérations en périphérie de Nantes.
L’autre sujet phare est l’innovation, tant au service des bailleurs sociaux que des locataires. Cette dimension a fait l’objet d’un appel à candidatures auprès de nos adhérents autour de trois thèmes : innovation architecturale et environnementale, innovation sociale et partenariat, et innovation concernant les services aux habitants. Trente-cinq actions ont été proposées et neuf seront récompensées lors du congrès.

Quels sont vos objectifs en matière de production ?

Les objectifs pour l’année 2016 portent sur 6 658 logements. En février dernier, mon prédécesseur s’était interrogé sur la pertinence de ce volume supérieur aux 5 612 logements de 2015 qu’il avait été difficile d’atteindre et supérieur à la fourchette de 6 100 à 6 500 logements issue de l’étude sur les besoins en logements conduite par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Il est encore délicat de savoir si cet objectif de 6 658 logements sera atteint ou si nous serons plus près du volume de l’an dernier. Mais n’oublions pas non plus toute la partie réhabilitation, en volume bien sûr, mais également en qualité et sous l’angle énergétique. En 2014, 35 % des opérations sont allées au-delà de la réglementation thermique 2012 applicable, dont 10 % en passif ou énergie positive.

Quelle est la part de la vente en état futur d’achèvement (Vefa) ?

Nous prônons auprès des collectivités locales que l’accès en direct au foncier pour les organismes soit facilité, afin de garder l’essentiel de la production en maîtrise directe. La Vefa représente une part importante, avec 37 % du volume produit, en augmentation régulière. En 2015, elle était surtout concentrée sur l’agglomération nantaise (55 %) et le littoral (44 % en Vendée et 36 % en Loire-Atlantique). Nous estimons que nous avons atteint le maximum et nous travaillons beaucoup sur cette question avec les collectivités, Nantes Métropole notamment.

Où en est-on de l’avancement des dossiers du nouveau programme national de renouvellement urbain (Anru 2) ?

Sur le territoire, nous avons six projets d’intérêt national et neuf d’intérêt régional. Il y a eu beaucoup de retard dans l’élaboration des protocoles de préfiguration, car les financements d’Action Logement n’ont été connus que très tardivement en 2015. A ce jour, les sites ne connaissent pas encore les enveloppes qui leur seront allouées et des études sont en cours pour affiner certains projets. 

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ENCADRE

Le logement social en Pays de la Loire

47 organismes HLM
210 000 logements gérés
5 100 logements construits en 2015 (4 600 par an en moyenne depuis dix ans)
12 300 logements réhabilités en dix ans
– 25 % de consommation d’énergie que les autres logements (moyenne régionale)
1,15 milliard d’euros d’investissement par an

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