Architecture Technique Réseau d’eau

Le lifting d’un aqueduc

Mots clés : Etanchéité - Ouvrage d'art - Qualité de l'eau - eau potable

L’étanchéité en asphalte a été remplacée par des feuilles de PEHD thermosoudées. Un chantier de 444 m, réalisé en huit semaines dans l’Essonne.

L’aqueduc de la Vanne, achevé en 1874, est un ouvrage de 156km qui, depuis les sources d’Armentières (Aube), alimente en eau potable le réservoir de L’Hay-les-Roses (Val-de-Marne). «L’opération de réhabilitation, réalisée sur une des parties aériennes en arcades située sur la commune de Mennecy dans l’Essonne, s’inscrit dans le cadre de notre programme pluriannuel d’investissements», souligne Stéphane Dupouy, le responsable du projet chez Eau de Paris. Objectif: remplacer l’ancien revêtement en asphalte présentant des défauts d’étanchéité dus au fluage du matériau. Le choix d’Eau de Paris s’est porté sur une solution en polyéthylène haute densité (PEHD). La canalisation circulaire, d’un diamètre moyen de 2mètres, est habillée, après dépose de l’ancien revêtement et purge des parties maçonnées dégradées, par des lés de 3m de largeur, régulièrement déroulés à l’intérieur de l’ouvrage.

Résister aux amplitudes thermiques.

« Nous disposons d’un recul important sur le PEHD, estime Stéphane Dupouy. Ce matériau nous a paru plus adapté qu’un enduit classique pour encaisser les efforts thermiques que subit cette partie aérienne de l’aqueduc. » Principales difficultés : un chantier en site urbain, soumis à une contrainte de délais incompressibles, à savoir huit semaines de mise au chômage. Pour ce faire, les travaux se sont déroulés sur trois fronts simultanés, trois biefs de 57, 171 et 216 m. L’étroitesse des accès existants a nécessité de découper, au préalable, la partie supérieure de l’ouvrage afin de créer, au milieu de chacune des trois zones de travaux, une trappe de 4 m de long par laquelle les rouleaux de PEHD de 3 m de large ont pu être introduits. Une fois l’ancien revêtement et les parties de maçonnerie dégradée ôtés par décapage haute pression (2 000 bars), les plaques de PEHD de 8 mm ont été déroulées dans l’ouvrage en commençant à une extrémité de chaque tronçon.

« La progression s’effectue par passes de 12 m de long, soit 4 lés », précise Joël Peynet, directeur de l’agence TP Freyssinet Ile-de-France. Les bandes, positionnées le long de l’intrados, sont maintenues par des étais durant le thermosoudage qui assure l’étanchéité longitudinale et transversale entre les coques. Un masque d’étanchéité est ensuite posé à l’extrémité de la section réalisée pour permettre d’injecter, dans le vide annulaire, un coulis prêt à l’emploi produit dans la centrale de malaxage. « Cette opération s’effectue gravitairement, poursuit Joël Peynet, la coque étant maintenue en place par un coffrage spécial permettant de reprendre les efforts de poussée. » L’outil de 12 m de long est constitué d’une coque en bois montée sur des cerces métalliques réglables en diamètre. Une fois parvenue à chacune des trappes, l’opération se déroule de manière identique en repartant de l’autre extrémité. Les trappes constituent des points singuliers impossibles à traiter avec les coffrages employés en galerie, ceux-ci ne pouvant être ressortis une fois l’ouvrage refermé. L’entreprise a dû concevoir un autre outil spécifique démontable.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Eau de Paris, Direp agence de Fontainebleau. Maîtrise d’œuvre : Eau de Paris, Direction ingénierie et patrimoine, Pôle génie civil. Bureau de contrôle : Institut de soudure industrie. Entreprises : groupement Freyssinet Ile-de-France (mandataire), Sogea Ile-de-France Hydraulique, Valentin TP.

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