Régions Pau

Le Hédas refait surface

Quartier délaissé de la ville basse tirant son nom d’un ancien ruisseau dont le lit était devenu l’égout collecteur de Pau avant d’être recouvert en 1880, le Hédas ambitionne de se transformer en une coulée verte. Inaugurée le 6 juillet dernier, la promenade qui relie villes haute et basse est ponctuée de ponts, placettes, jardins, jeux et espaces de détente qui remplacent une succession de parkings et de passages ignorés.

La mutation de ces 13 ha s’est opérée en un an, entre mai 2016 et mai 2017, sous maîtrise d’ouvrage de la Société immobilière et d’aménagement du Béarn (Siab), aménageur de la ville, et maîtrise d’œuvre générale d’Atelier Villes & Paysages (groupe Egis), pour un montant de 3,8 M€ HT. La volonté de la municipalité était de rapprocher le Hédas et la ville haute en mettant en valeur les richesses de ce quartier historique. Un défi de taille pour le maître d’œuvre qui a dû coordonner jusqu’à 15 entreprises dans une impasse de 1 km, large par endroits de 3 m seulement.

Mobilier sur mesure et mise en espace ludique. « Nous n’avions qu’un seul accès, raconte Guillaume Remion, chef de projet chez Egis. Tous les engins devaient entrer en marche arrière ; à certains endroits, le béton a dû être coulé depuis les ponts. Les finitions sont particulièrement soignées : du mobilier sur mesure a été installé, et nous avons utilisé des matériaux comme la pierre d’Arudy, le comblanchien et les galets. » Dès la réponse à l’appel d’offres, Egis a également tenu à doter le projet d’un volet artistique et ludique en s’associant à l’artiste palois Monsieur Térez. Ont ainsi été créés des jeux peints sur le sol (« Zookeeper ») et des effets de lumière avec des gobos (plaques métalliques ajourées) pour mettre en valeur les ponts et rendre le site accueillant.

Les placettes – six au total, dont celles d’Espagne et de Récaborde ont été réhabilitées. Deux ascenseurs à 10 et 12 m de hauteur ont été créés près de la place d’Espagne et du pont des Cordeliers, ainsi que des murs de soutènement – dont deux parois clouées et une micro-berlinoise – et des nouvelles liaisons entre les villes haute et basse. « La réalisation des murs et des ascenseurs s’est avérée complexe car nous ne maîtrisions pas la géotechnique. Il a fallu ajuster au fur et à mesure pour éviter le ruisseau souterrain », précise Martine Pédedieu, responsable de l’agence bordelaise d’Egis. Enfin, la Ville a souhaité la création d’un carré des senteurs composé de fleurs odorantes, comme un pied de nez au passé olfactif des lieux.

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