Enjeux

Le Grand Paris Express prend du relief

Mots clés : Politique des transports - Réseau routier

Si le chantier n’a pas encore débuté, la modélisation de son périmètre est déjà en route.

Avec ses 200 kilomètres de voies, ses nouvelles gares et leurs aménagements, le Grand Paris Express (GPE) sera un chantier hors norme. Le projet prévoit la création de quatre nouvelles lignes de métro (15, 16, 17 et 18) ainsi que le prolongement de la ligne 11 vers l’est et de la ligne 14 au nord et au sud. Mais avant de sortir de terre, c’est d’abord en version numérique, grâce au building information modeling (BIM), que les constructions en lien avec le Grand Paris Express prennent forme.

« Le BIM porte sur la modélisation des 68 nouvelles gares du projet et d’un rayon de 800 mètres autour de chacune, soit 140 km² d’aménagements urbains et plus d’un million de bâtiments », confirme Joachim Mizigar, responsable de la communication numérique pour la Société du Grand Paris (SGP), chargé du projet. La Société du Grand Paris a imposé le BIM dans ses contrats, y compris lors des appels d’offres de travaux.

Réalisme photographique. Mais avant d’y intégrer le moindre élément du Grand Paris Express, il a fallu disposer de la modélisation en 3D des territoires concernés. C’est là que Vectuel, l’entreprise mandataire du groupement (1) chargée de la réalisation de la maquette numérique du Grand Paris Express, avait une longueur d’avance. Pour Paris intra-muros , l’entreprise avait déjà modélisé les 100 km² du territoire avant de remporter le marché, en juillet 2015. « Vectuel a utilisé sa propre technologie 3D à partir de clichés réalisés par avion avec une précision de 15 cm », informe Benoît Bachelet, responsable du projet chez Vectuel. « Pour un rendu réaliste, les photos des façades ont ensuite été plaquées sur les bâtiments en 3D inclus dans le rayon de 800 mètres autour des gares. » Au-delà de ce périmètre, et hors de Paris intra-muros, ce sont des maquettes blanches, c’est-à-dire avec une modélisation en 3D aux vraies cotes mais sans réalisme, qui ont été intégrées. Fournies par l’IGN, elles datent de 2011. Certains bâtiments, construits depuis cette époque mais situés hors du champ du GPE, ne figurent donc pas sur la maquette.

Maquette en libre accès. En revanche, les nouvelles gares et leurs aménagements bénéficieront d’une modélisation 3D d’une grande précision grâce au BIM. « L’objectif est de disposer d’un dossier des ouvrages exécutés (DOE) numérique », explique Sylvie Cassan, responsable du développement et du déploiement du BIM pour le groupe d’ingénierie Systra, l’un des trois membres du groupement. Au fur et à mesure que les projets sont validés par la maîtrise d’œuvre, les données sont intégrées à la maquette numérique.

A ce jour, 25 des 68 nouvelles gares du réseau ont déjà été modélisées.

A ce jour, 25 gares ont déjà été modélisées.

« En 2016, c’est toute la ligne 15 sud, avec ses 16 gares et ses bâtiments connexes, qui a été numérisée », précise Benoît Bachelet. Une version web de cette maquette numérique 3D est disponible en ligne (2). Stockée sur deux serveurs dédiés d’une capacité de 5 To, celle-ci compte actuellement 400 Go de données et près de 500 000 bâtiments 3D réalistes. Chacun peut la consulter et voir l’intégration des projets au fil du temps. Les gares de la ligne 17 et de la ligne 14 sud devraient être ajoutées cette année. A terme, tout y apparaîtra en 3D, et des vues immersives donneront même l’impression de prendre le métro.

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(1) Outre Vectuel, le groupement comprend Magellium pour la construction du système d’informations géographiques et Systra. (2) www. societedugrandparis.fr/carte
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