Enjeux

Le Grand Dijon modélisé en 3D grâce au big data

La future métropole numérise tout son territoire en trois dimensions pour disposer d’informations géographiques complètes et fiables.

La plupart des collectivités locales disposent de nombreux plans généralement non compatibles entre eux : il y a ceux sur l’état de la voirie, l’emplacement des différents réseaux (gaz, électricité, éclairage public, fibre… ), celui des « affleurants » (tels que regards et bouches à clé) ou encore celui des « émergents » que constituent le mobilier urbain et la signalisation verticale. Afin qu’elles disposent d’une information homogène et cohérente, « l’administration encourage vivement les collectivités à disposer a minima d’un plan de corps des rues simplifié », explique Luc Coustau, directeur d’exploitation d’Ecartip, société spécialisée dans la topographie, filiale de Fondasol.

La communauté urbaine du Grand Dijon (Côte-d’Or) va plus loin, en optant pour un plan de corps des rues complet (PCRC). Les services techniques du Grand Dijon, accompagnés par Ecartip, ont choisi d’utiliser les outils numériques dernier cri pour acquérir toutes les données de leur territoire, qui comprend 24 communes réparties sur 240 km2 .

Les plans topographiques en 3D serviront aux futurs projets d’aménagement.

L’acquisition des données n’a demandé qu’une dizaine de jours en décembre dernier pour 400 km de voies. Une rapidité qui s’explique par l’outil utilisé : un StreetMapper de la société 3D Laser Mapping. Il combine deux lidars, des scanners à impulsions qui collectent des points géoréférencés avec une précision de 3 mm. Mais aussi un récepteur GNSS, un système de géolocalisation en temps réel qui utilise trois constellations de satellites : le GPS américain, le Glonass russe et le Galileo européen. Enfin, l’outil dispose aussi d’une centrale inertielle et de six caméras à prise d’images en haute définition.

Transformer les nuages de points en plans. Si l’acquisition a été rapide, reste à présent à traiter ces données afin de les rendre exploitables par les services techniques. La première étape, qui a consisté à assembler les nuages de points en 3D, à les recaler sur les points de contrôle et à les nettoyer des éléments parasites, est maintenant terminée.

La deuxième phase consistera à valoriser ces informations pour les transformer en plans utilisables par les services techniques et les concessionnaires. « Nous utilisons des logiciels qui reconnaissent automatiquement les formes, les lignes… », explique Luc Coustau. Pour autant, le traitement de ces données va prendre encore six mois.

Dès la fin 2017, la communauté urbaine du Grand Dijon, qui intégrera le club des métropoles cette année, optimisera la gestion de ses espaces publics. Le PCRC doit servir de fond de plan géoréférencé pour les concessionnaires de réseaux, tandis que les données sur le mobilier urbain et la signalétique alimenteront le système d’information géographique de la métropole. Enfin, les plans topographiques en 3D serviront aux futurs projets d’aménagement. « Les données brutes, soit 20 To, seront transmises à la métropole sur des disques durs. Elles serviront à des usages variés, comme la création de la vue immersive d’une rue ou la modélisation d’un quartier en building information mode-ling (BIM) pour un aménagement d’infrastructure », illustre Luc Coustau. Ce sera aux équipes techniques de l’agglomération de maintenir ces données à jour. La métropole réalisera des relevés topographiques après chaque opération de travaux.

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