Régions Rennes

Le fontis, menace latente des chantiers souterrains

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Eclairage urbain

12 chantiers de construction neuve sont prévus par Nantes Métropole Habitat en 2017 et 2018, soit 500 logements.

115,5 M€ d’investissements sont inscrits dans le plan routier régional des Pays de la Loire d’ici à 2021.

36 M€ seront investis par le SyDEV pour rénover l’éclairage public en Vendée jusqu’en 2020.

Depuis trois semaines, le tunnelier Elaine est à l’arrêt sous le centre historique de Rennes. L’affaissement d’une dalle béton sur 15 m2 dans le magasin Noz, solderie de la rue de Saint-Malo, a stoppé net la progression des travaux du métro. Aucun blessé n’est heureusement à déplorer parmi les quatre personnes qui ont vu le sol se dérober sous elles, samedi 19 novembre, à une heure d’affluence.

Entreprise immédiatement, la première série de fouilles conduites par les équipes de Dodin Campenon Bernard, chargées du chantier du métro, a révélé la nature de cet incident. A savoir, un fontis, aléa redouté des chantiers souterrains, qui prend la forme d’un effondrement localisé sous une excavation. L’éboulement en forme de cloche progresse dans la couche de recouvrement (ici, 15 m environ) jusqu’à ce que la voûte cède. D’où la forme caractéristique du trou en entonnoir.

Le sous-sol rennais incriminé. Le périmètre dense du centre-ville où s’est produit l’affaissement a été immédiatement sécurisé. Plusieurs logements ont dû être évacués, les habitants relogés. Le trou de 5 m de diamètre et 2,5 m de profondeur a été traité par injection de béton (30 m3 environ) par Soleffi, sous-traitant de Dodin. Avec comme objectif prioritaire de sécuriser les bâtiments et de permettre le retour des riverains dans leur logement. Les sondages de type destructif ont été privilégiés dans l’urgence. Ce maillage étroit de fouilles a permis d’évaluer plus rapidement que par carottage l’extension et l’étalement du fontis.

Mathieu Chapeland, du groupement de maîtrise d’œuvre Egis, précise que, pour l’heure, « aucune poche supplémentaire ou aucun vide n’a été détecté ». Seule la présence d’un ancien puits maçonné a été localisée, ce qui explique le tassement du terrain repéré à proximité du fontis. Cette cavité a également été comblée par du béton. Les premiers résultats des sondages ont autorisé la réintégration progressive des habitants évacués (trois immeubles au total) dans le courant de la semaine suivante.

Actuellement, des opérations de carrotage se poursuivent dans les arrière-cours de la rue de Saint-Malo, au droit du tunnelier et en aval du tracé. La maîtrise d’œuvre, les entreprises et la Semtcar, maître d’ouvrage, se montrent très prudents quant aux causes de ce fontis dans l’attente de l’analyse des prélèvements. Pour l’heure, la maîtrise d’œuvre semble écarter une erreur de creusement (soutirage trop important ou brutal de matière, par exemple), les données enregistrées lors du passage du tunnelier Elaine n’ayant pas révélé d’anomalie particulière. La nature du sous-sol rennais, ici schisteuse, serait plutôt incriminée.

La géomorphologie complexe a déjà joué de mauvais tours aux travaux de la ligne B. En mars 2015, un trottoir s’était affaissé sur près de 5 m2 dans le quartier de Cleunay après le passage d’Elaine. L’incident était survenu alors que le tunnelier semblait avoir dépassé la zone la plus sensible, localisée place Saint- Anne, à quelques centaines de mètres. En septembre, des mesures préventives d’évacuation (40 logements et 9 commerces) et de consolidation dans les caves de plusieurs immeubles avaient été décidées pour éviter un triste dénouement.

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