Gestion

Le financement participatif vise les matériels

Mots clés : Lieux de travail

Financement. Depuis le 1er octobre 2014, les établissements de crédit ont perdu le monopole de commercialisation de prêts avec intérêts. Des start-up s’engouffrent dans la brèche.

Le décret n° 2014-1053 paru au Journal officiel du 17 septembre 2014 a mis fin au monopole bancaire qui réservait aux seuls établissements de crédit le droit de commercialiser des prêts avec intérêts. La France s’est mise à l’heure du financement participatif : désormais, tout un chacun peut prêter à hauteur de 1 000 euros au maximum pour financer un investissement ne devant pas excéder 1 million d’euros. Le texte autorise – et encadre – la profession d’intermédiaire en financement participatif dans laquelle s’engouffrent les nouvelles sociétés de l’économie numérique comme Lendix, nouvellement créée par Olivier Goy. « Notre fonction est de mettre en relation des particuliers voulant placer leur argent avec des PME cherchant un financement », résume-t-il. Parmi celles-ci, Lendix vise les entreprises du BTP souhaitant, par exemple, investir dans un nouveau matériel neuf ou d’occasion. Son argument : l’extrême rapidité du processus. « Obtenir un financement auprès d’un établissement bancaire peut prendre des mois. Nous, nous versons les fonds en quinze jours. » Comment ? Grâce à des algorithmes. « Tout se passe via l’internet. L’entreprise remplit un formulaire détaillé. Premier critère : réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 500 000 euros et avoir été bénéficiaire lors du dernier exercice. » Le logiciel se charge seul de vérifier ces informations. Si les premières conditions sont remplies, Lendix finalise le dossier après un entretien puis le soumet à un comité de notation. Trois notes sont alors attribuées (A, B ou C), qui déterminent le taux d’intérêt compris entre 4 et 9 %. « C’est plus que celui d’une banque, admet Olivier Goy, mais l’argent est tout de suite disponible. » La levée de fonds s’effectue également en ligne, auprès de particuliers ou d’institutions désirant placer leur argent : 20 euros au minimum, 1 000 euros au maximum. Jouant sa réputation, Lendix est sévère dans ses choix : sur les 5 780 demandes de financement étudiées par la jeune société, seules 57 ont été retenues, soit 1 %. Lendix et les autres sites Internet ne seraient-ils pas le symptôme d’une « ubérisation » du métier de banquier ? N’exagérons pas ! Si les établissements de crédit ont perdu le monopole d’attribution de prêts, ils conservent le privilège de pouvoir lever des fonds auprès des banques centrales dont le taux directeur est actuellement de 0,05 %. De quoi s’assurer de confortables marges tout en proposant des prêts bien plus attractifs que ceux proposés par le financement participatif.

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