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Le filon suisse de Roger Martin

Mots clés : Travaux publics

Le groupe bourguignon de TP renforce son pôle bâtiment et vise la commande publique helvétique.

La Suisse plutôt qu’un pays de l’Union européenne. C’est dans le canton frontalier de Fribourg, à Bulle, que le groupe Roger Martin réalise sa première implantation hors de l’Hexagone. Le voisinage avec la Bourgogne Franche-Comté, son berceau historique, n’explique pas seul le rachat en février de l’entreprise de gros œuvre Bugnon Construction et de sa sœur MJM Global Building, entreprise générale, qui réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 7,3 millions d’euros et emploient 50 salariés. Cette croissance externe écrit une nouvelle page de l’histoire du groupe de travaux publics dirigé par Vincent Martin. Quatrième génération aux commandes, le dirigeant a à cœur de pérenniser l’indépendance capitalistique de l’entreprise.

« L’état actuel du marché des travaux publics dans les régions Bourgogne Franche-Comté, Rhône-Alpes, Centre, Sud-Ouest où le groupe s’est implanté au fil des ans n’est pas suffisant pour assurer le développement », explique Vincent Martin. C’est donc en Suisse qu’il espère optimiser ses savoir-faire de terrassier et constructeur de routes éprouvés dans plusieurs chantiers de LGV et grands travaux routiers. « Avec ce pied à terre, Roger Martin devient un acteur local et peut prétendre accéder à la commande publique helvétique », expose-t-il.
Derrière cette vision à long terme bénéficiaire à l’activité travaux publics, se concrétise une stratégie de diversification dans la construction avec pour cible la commande privée. Les deux entreprises créées par Luc Bugnon qui reste aux commandes grossissent le pôle bâtiment, érigé il y a tout juste deux ans, avec le rachat de Carfi SA à Dijon, et ses filiales SNCTP et Lirelec, actives dans le gros œuvre, les ouvrages d’art et l’électricité. Les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisés (hors nouvelle acquisition) dans la construction paraissent anecdotiques en regard des 170 millions d’euros réalisés par le groupe en 2015. Une activité néanmoins des plus stratégiques, qui devrait bénéficier également au métier historique. « Une offre complète, du terrassement à la voirie, en passant par le gros œuvre et l’électricité nous positionne sur les marchés du tertiaire et du bâtiment industriel qui privilégient le clés-en-main à l’allotissement », affirme Vincent Martin.
La stratégie multisites et multimétiers vise à réduire progressivement la dépendance à la commande publique, de 70 % à 50 %. Elle prépare une nouvelle étape d’expansion géographique – via une acquisition ou la création d’une agence -, cette fois en région parisienne où le dirigeant perçoit dans les projets du Grand Paris un relais de croissance. Depuis qu’il a succédé à son père en 2012, Vincent Martin s’attache à consolider la solidité financière du groupe, clé pour poursuivre une saga familiale commencée il y a 120 ans.

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