Enjeux

« Le drone devient un objet connecté »

Quel est l’usage des drones actuellement dans le BTP, et comment le voyez-vous évoluer ?

Nous sommes dans une phase de transition. Le drone était jusqu’à présent envisagé comme un moyen technique, une extension de processus ou de tâches existants. C’est le cas de l’inspection d’ouvrage : l’aéronef permet d’opérer dans des zones difficilement accessibles. Les bénéfices sont déjà importants dans le domaine de la sécurité – par exemple dans l’inspection d’ouvrage -, et ils sont aussi économiques. Il est beaucoup plus rentable et efficace de recourir au drone une demi-journée que de mobiliser des nacelles et du personnel durant deux jours. Mais ce n’est qu’une première étape. Aujourd’hui, le BTP prépare sa transformation numérique et l’arrivée du BIM, qui vont révolutionner la productivité et l’efficience sur les chantiers. Le drone, qui bénéficie régulièrement d’innovations technologiques pour ses capteurs, GPS ou caméras, s’inscrit dans cette dynamique : il devient peu à peu un objet connecté et communicant.

Qu’est-ce que cette évolution vers un objet connecté va changer ?

Les drones vont collecter un nombre exponentiel de données dans des domaines de plus en plus complets et variés : la qualité de l’air, la température, la qualité du bâti, l’inspection plus précise des matériaux… La nouveauté consistera à combiner ces données aériennes, via des plates-formes informatiques, avec trois autres sources. Celles liées à l’infrastructure elle-même, d’abord, grâce à la maquette numérique. Elles s’enrichiront ensuite des data de gestion, comme les stocks sur un chantier, le planning des tâches, la gestion du parc de matériel, lui-même de plus en plus connecté… Les données issues de l’open data, comme la météo ou la topographie, sont la dernière source. En les combinant toutes, les acteurs du BTP bénéficieront d’une aide à la décision.

Quelles vont être les conséquences sur la gestion des drones ?

A l’heure actuelle, celle-ci reste plutôt expérimentale. Dans les entreprises générales, elle se fait souvent chantier par chantier, au cas par cas. Dans les grands groupes, l’approche peut être progressivement régionalisée, et au niveau central, la compétence implique trois directions au moins : la direction technique, la qualité et l’informatique.

Une vision plus industrielle émerge, avec des directions transverses. Il s’agit de replacer l’usage du drone dans une chaîne de valeur globale, à partir de la maquette numérique par exemple.

Les gains seront alors importants. Si les entreprises ne se saisissent pas de ce sujet, en créant des filiales spécialisées ou en nouant des partenariats avisés avec des opérateurs, elles risquent de subir une « désintermédiation » et de ne plus disposer de certaines données. En devenant un sujet numérique, le drone devient un enjeu métier.

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