Régions Lille

Le Doge s’offre un palais de terre cuite

Mots clés : Produits et matériaux

Alors que les travaux (menés par Rabot Dutilleul Construction pour Nacarat) sont encore en cours, l’architecte Paolo Tarabusi ne cache pas sa satisfaction de voir se dessiner « un bâti qui correspond vraiment à l’image du concours ». Pour « le Doge », ensemble tertiaire de 5 020 m en deux bâtiments, situé dans la ZAC lilloise des Rives de la Haute-Deûle, près d’Euratechnologies, le cahier des charges imposait la brique. « Mais considérant qu’ici, tout a été fait en la matière, nous ne nous voyions pas nous contenter de recouvrir d’éléments de parement une coque en béton, poursuit le maître d’œuvre. Nous avions envie d’associer au projet une utilisation très contemporaine de ce matériau. » Séduit par la matérialité brute des briques monolithes à hauteur d’étage conçues par Terreal pour les bâtiments agricoles, Paolo Tarabusi a ainsi imaginé des bureaux « presque industriels », avec des façades maçonnées non porteuses composées de 1 375 meneaux en terre cuite de 2,80 m, sans ornement et simplement séparés de vitrages.

Assemblage mécanique. Le process de mise en œuvre a constitué à lui seul une véritable innovation. En effet, les briques n’ont pas été scellées mais assemblées mécaniquement. « Nous avons supprimé de la fabrication la ligne de précasse pour créer des poteaux de 33 cm de large et de 20 cm de profondeur », explique Philippe Malé, responsable pôle produits chez Terreal. « Les meneaux ont été fixés en une seule fois grâce à des platines hautes et basses prises dans le béton, précise Constance Destombe, conductrice de travaux chez Rabot Dutilleul. Pour gagner du temps et éviter les salissures, le béton a été coulé à l’intérieur de la brique directement sur palette, dans un atelier loué à quelques kilomètres du chantier. La pose a été effectuée à l’aide de grues-araignées. » Coût des travaux : 5,5 millions d’euros, dont un quart pour les façades.

Outre leur qualité esthétique, les briques à hauteur d’étage offrent une bonne hydrométrie et une forte inertie, participant au confort thermique du bâtiment. Elles permettent également d’éviter une surchauffe en été par le jeu d’ombres qu’elles génèrent. Le Doge a reçu la Pyramide d’argent de l’immobilier d’entreprise, décernée par la FPI en avril 2016.

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