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Le désamiantage par hydroprojection comme solution mécanisée

Mots clés : Bâtiment et santé - Hygiène et sécurité du travail

Le décapage par projection d’eau à l’aide d’un robot résout les problèmes de pénibilité et d’empoussièrement.

Plusieurs entreprises tentent de mécaniser les opérations de désamiantage en montant des ponceuses sur des bras articulés. La solution pourrait bien être ailleurs, dans l’utilisation de buses de projection d’eau à ultra-haute pression. C’est ce que pressent Vincent Bonneau, d’AS Protek. « Le décapage à l’eau résout le problème des poussières car les fibres d’amiante sont noyées. En utilisant l’hydroprojection, l’atmosphère reste suffisamment pure pour qu’il ne soit plus nécessaire de confiner le chantier. » Pas de problème d’efficacité puisque des buses de projection à 2 000, voire 3 000 bars peuvent ronger le béton jusqu’aux fers ! C’est amplement suffisant pour du désamiantage qui s’effectue le plus souvent sur 1 à 8 mm d’épaisseur. Reste la mise en pratique. Pas de bras articulé mais un cadre tubulaire qui s’adapte à la surface à traiter. Il peut être incurvé, mobile, plaqué au mur ou au plafond. Deux chariots à entraînement hydraulique progressent le long de ce cadre. Ils sont reliés l’un à l’autre par une poutre sur laquelle la tête d’hydroprojection effectue des va-et-vient et balaie la zone à traiter. Reste le problème de l’évacuation des déchets amiantés. « L’ultra-haute pression ne consomme pas beaucoup d’eau : 16 l/min au maximum. Un débit qui permet un traitement sur place par une petite unité de filtration installée sur chantier. » L’eau est aspirée directement au niveau de la tête de projection et stockée dans un bidon de 200 l. Une fois plein, celui-ci est manutentionné vers l’unité de traitement où l’eau est filtrée jusqu’à 1 µ. Les boues amiantées sont pressées puis récupérées sous forme de galettes humides et compactes, plus stables et bien moins dangereuses qu’une poudre. Le procédé a, lui, fait l’objet d’essais intensifs avec déjà 12 000 m² de surfaces amiantées traitées, dont les voiles courbes du Parc des Princes, à Paris. Efficacité démontrée, avantage sanitaire prouvé… Vient aujourd’hui l’heure de la fabrication en série et de la commercialisation du matériel. « Nous ne sommes pas dimensionnés pour cela », admet Vincent Bonneau qui a décidé de confier sa trouvaille à la société Socofren (groupe Kärcher). C’est elle qui va maintenant fabriquer, vendre, louer et fournir les pièces détachées pour cette machine, en France, et ailleurs dans le monde.

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