Régions Gironde

Le département continuera d’investir, malgré la crise

Mots clés : Situation économique

En réponse aux professionnels du BTP, aux élus des communes du 8e département de France, le président du conseil général de la Gironde et sénateur Philippe Madrelle renouvelle son engagement sur l’investissement et le soutien aux grands projets LGV et Euratlantique.

– Que pensez-vous de la réforme territoriale ?

La réforme territoriale est un texte taillé en pièces, qui a été voté par 166 voix contre 160 au Sénat ! L’adoption au Sénat de l’amendement 558 au projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales a repoussé à une loi ultérieure la clarification des compétences et des cofinancements. Cela remet en cause son article principal, à savoir la disparition de la clause générale de compétence. Disparition qui pour moi était proprement scandaleuse. Mais, même si la clause est maintenue, ce qui nous pose problème est le financement de nos actions : que ferons-nous pour aider les communes si nous n’en avons plus les moyens ? La bonne méthode pour réformer les collectivités territoriales eût été de commencer par définir leur périmètre de compétences, et ensuite d’aborder leurs ressources et non l’inverse.

– C’est donc essentiellement un problème de moyens financiers ?

Les fameuses compensations financières que l’Etat nous alloue pour les compétences transférées ne sont pas à la hauteur et l’écart se creuse : en 2009, nous avons versé pour l’ensemble des RSA, APA, PCH plus de 290 millions d’euros et nous n’avons reçu à ce jour en dotations de compensation que 170 millions. Cela représente un manque à gagner de 120 millions rien qu’en 2009. Et c’est le lot de tous les départements : la Creuse par exemple n’a plus les moyens de payer l’APA. Les 20 millions de droits de mutation que nous venons d’intégrer au budget, signe de reprise économique, partent directement pour combler ce déficit. Avec une politique de désendettement, nous avons pu dégager un complément de 10 millions d’euros d’investissement au budget supplémentaire qui a été voté cet été. Là est la clé.

– Il faut donc investir ?

C’est mon sentiment, il faut investir, comme l’a rappelé l’économiste américain Joseph Stieglitz dans son dernier ouvrage. Nous allons passer à 284 millions d’euros d’investissements au budget 2010, en ayant recours à l’emprunt, nous avons rajouté 10 millions d’euros au budget supplémentaire, avec une hausse de fiscalité de 3 %. Mais la donne a changé : avant la réforme, un point de fiscalité représentait 5 millions d’euros, aujourd’hui, c’est la moitié. Ce levier s’épuise. C’est pourquoi, à mon sens, cet effort doit être commun à toutes les collectivités qui ne sont pas trop endettées : il faut que les communes fassent appel à l’emprunt pour investir et ne pas compter uniquement sur les dotations financières, dont les ressources, on le voit bien, se tarissent. Contrairement à la région, qui n’a plus de ressources propres, il nous reste le foncier.

– Pourrez-vous continuer cette tendance en 2011 ?

Je vois les besoins que nous avons sur les collèges, l’assainissement, les routes. Malgré tout, il faut continuer. Le privé, lui, arrête d’investir. Nous avons discuté avec le président de la fédération des travaux publics, et nous avons compris qu’il faut poursuivre les petits investissements du quotidien en attendant les grands chantiers. Nous allons faire encore des efforts pour 2011, mais après on ne sait pas quelle avalanche de charges va tomber. En 2009, le montant moyen mensuel de versement pour le RSA était de 11,4 millions, cette année il est passé à 13 millions ! Comment allons-nous faire ? On voit apparaître des agriculteurs au RSA, c’est un signe grave.

– Quels sont vos investissements prioritaires ?

Les travaux de voirie, les petits chantiers du quotidien. Il y a trente ans, j’avais créé un fonds d’aide à l’équipement des communes – qui existe encore également dans la Nièvre et le Lot. Sur ces projets on ne laissera pas de dossiers en instance. Nous avons par exemple en cours le carrefour de Germignan, la déviation de Lacanau, des travaux sur la départementale 1215, et la rénovation de la passerelle Eiffel à Saint-Jean-de-Cubzac. L’absence de crédits de l’agence de l’eau Adour-Garonne est une vraie cause de ralentissement des chantiers. Si l’on n’apporte pas notre subvention pour les stations d’épuration (600 000 euros à Sadirac, sans l’agence de l’eau), elles ne se font pas. Par ailleurs, en 2011, nous avons un plan de construction de 26 maisons départementales de la solidarité et de l’insertion.

– Sur les grands dossiers, quelle est votre position ?

Pour la LGV Tours-Bordeaux, je ne voyais pas le département hors du coup, mais j’ai bataillé pour avoir le maximum de compensations : l’Etat s’est engagé sur le pont Eiffel à Cubzac-les-Ponts avec une dotation qui est passée de 8 à 16 millions. J’ai bataillé pour les protections phoniques d’Ambarès, de Talence, Pessac et la desserte de Libourne, ainsi que la gare de Captieux. Il y a aura 60 000 emplois créés autour de la LGV. Nous avons signé avec Dominique Bussereau le protocole d’engagement pour 233 millions d’euros. Sur Euratlantique, nous participerons aux aménagements et équipements de notre compétence. On y réalise le collège Aliénor-d’Aquitaine par exemple. Sur le grand stade, que j’ai été le premier à proposer dans les années 1980, je crois qu’il ne se justifie pas et qu’on ferait mieux de rénover le stade Chaban-Delmas. C’est un peu se payer la Rolls – le grand stade – en gardant la Jaguar – le stade Chaban-Delmas – au garage.

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