Enjeux

Le Club Méditerranée et les « gentils locaux »

Mots clés : Architecte - PME

Le groupe privilégie les PME du cru pour leur souplesse.

Et préfère les petits architectes français aux grandes agences.

Travailler pour le Club Méditerranée ? Une idée a priori séduisante pour les constructeurs, mais aussi les architectes et les paysagistes, acteurs importants de ce type de projets. Mais derrière l’image fun du groupe de tourisme se cachent un donneur d’ordre très exigeant et des projets à réaliser en urgence dans des conditions souvent difficiles. La pose de la première pierre du club 4-5 tridents de Samoëns Grand Massif (Haute- Savoie), le 30 août, en est une bonne illustration. Commencé en mai, ce resort de 420 chambres, littéralement « posé » en haut de la montagne (1 600 m d’altitude), doit être achevé dès décembre pour l’ouverture de la saison. « Ce printemps, lorsqu’il neigeait et pleuvait en permanence, l’avancée du chantier a été très difficile », se souvient Claude Carret, directeur de la construction Europe-Afrique et référent Monde du Club.

Un maître d’ouvrage directif.

Ce faisceau d’exigences profite aux entreprises locales au détriment des majors de la construction. « Je suis anti-entreprises générales, car un village du Club Med est un bâtiment qui évolue très vite, affirme Claude Car-ret. Avoir recours à des corps d’état séparés autorise une gestion plus souple du chantier. Et cela permet aussi d’amortir les coûts. Je n’ai jamais travaillé avec Bouygues, Vinci ou Eiffage. Nous publions des appels d’offres privés et notre critère déterminant n’est pas le prix, mais la qualité de la prestation et la garantie d’un planning respecté. Lorsque l’on met le premier coup de pelle, je connais la date d’ouverture du village et je n’ai pas le droit de la manquer. » Pour le lot gros œuvre de Samoëns, l’entreprise a sélectionné un groupement de trois entreprises du cru : STGO, BP Construction (Fayat) et Gibello. Ligne de conduite identique chez Thierry Fourniret, vice-président de la branche Architecture et Design : « Nous sommes un maître d’ouvrage très directif, capable de modifier une façade au dernier moment. Nous recherchons des architectes et des paysagistes créatifs, car chaque village est différent, mais nous ne sommes pas pour autant des “ divas ”. Dans ce cadre, les agences locales ont toutes leurs chances. Nous privilégions toutefois celles qui ont déjà travaillé avec nous, par exemple sur des bâtiments pour les salariés ou des esquisses préparatoires. Il faut, au moins, l’expérience de l’hôtellerie touristique. » Au final, sur 40 millions d’euros d’investissement pour la construction de Samoëns, 32 sont revenus à des entreprises locales, comme l’a rappelé Henri Giscard d’Estaing. Le président du Club, qui est désormais propriété du groupe chinois Foson, annonce que sera construit un nouveau village par an en montagne jusqu’en 2020. Après Arc 1600 devraient suivre Avoriaz et Tignes. Si aucun projet balnéaire n’est dans les tuyaux en France, l’étranger est porteur de resort de ce type (Indonésie, Vietnam, Caraïbes…) « Dans ce cas, nous privilégions presque toujours les entreprises locales », prévient Claude Carret. « Pour les architectes, nous avons en revanche tendance à favoriser les agences françaises par rapport aux grosses boîtes anglo-saxonnes », complète Thierry Fourniret.

70 clubs dans 26 pays, dont 23 en France (16 en montagne).

300 millions d’euros investis dans les clubs de montagne depuis cinq ans.

Contacts :Claude Carret, directeur de la construction Europe-Afrique et référent Monde du Club Méditerranée ; tél. : 04.79. 31. 35.77 ; claude. carret@clubmed. com.

Thierry Fourniret, vice-président Architecture et Design du Club ; tél. : 01. 53. 35. 32. 68 ; thierry. fourniret@clubmed.com

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