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Le chef d’orchestre du chantier

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Terrassement

Une pelle de production travaille sans discontinuer, en cadence, dans une carrière ou sur un grand chantier de terrassement.

Comme son nom l’indique, une pelle de production ne sert qu’à une chose : produire, en l’occurrence creuser. Pas de temps mort ni de superflu ; elle doit remplir et vider son godet en cadence et sans s’arrêter. En moyenne, ce type de machine déplace dix fois son poids par heure. Une pelle de 70 t, par exemple, excavera 700 t par heure, soit 5 600 t par jour, ce qui représente 3 000 m3 de terre végétale. Autant dire qu’on ne mobilise pas ce type de matériel pour creuser une piscine au fond de son jardin ! Elle sert aux grands chantiers de terrassement ou à extraire des matériaux en carrière. Ces deux applications dictent le volume des ventes annuelles de ce type de machines. Chaque lancement d’un grand projet d’infrastructure, comme la construction d’une autoroute, d’une voie ferrée ou d’un barrage, se traduit par la commande de pelles de production. À l’inverse, quand les terrassiers n’ont pas de travail, ce qui risque d’être le cas cette année, ils n’en achètent pas. Cette équation ne vaut pas pour les carrières : même en période de vaches maigres, il faut renouveler le matériel obsolète, et donc commander une nouvelle pelle pour remplacer celle arrivée en fin de vie. C’est ainsi qu’il se vend chaque année, en France, une centaine de ces machines ; un chiffre qui tombe à 70 ou 80 les mauvaises années, mais monte à 120 ou 130 unités quand les terrassiers entrent dans la danse. Tous les constructeurs de pelles hydrauliques n’ont pas cette catégorie de matériel au catalogue. En France, deux marques écrasent le marché : Liebherr et Caterpillar. Cette domination n’est pas mondiale puisque, dans d’autres pays, ce sont les japonais Hitachi et Komatsu qui tiennent le haut du pavé. D’autres acteurs secondaires comme Hyundai ou Volvo proposent un ou deux modèles supérieurs à 50 t. Même si les volumes de vente sont faibles, le créneau s’avère rentable, car ce sont des machines dont le prix de vente atteint 800 000 euros pièce. C’est également une machine de prestige : la marque qui impose ses pelles de production chez les grands terrassiers gagne ses lettres de noblesse, ce qui bénéficie à l’image et au marketing des autres machines de son catalogue.

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ENCADRE

Les 5 principaux acteurs

Liebherr

CA 2013 : 7,7 Mds €Effectif : 40 000

L’activité « engins de construction » ne résume pas à elle seule celle du groupe Liebherr qui intervient également dans l’aéronautique, le maritime et l’électroménager. Le chiffre d’affaires global du groupe en 2013 était de 8,9 milliards d’euros, le matériel de BTP représentant 85 % de ce résultat. Les pelles de production sont conçues et fabriquées depuis plus de cinquante ans en France, à Colmar, dans une usine qui s’est agrandie récemment, avec l’inauguration en 2011 d’un site parallèle dédié aux pelles minières.

Caterpillar

CA 2013 : 40,35 Mds €
Effectif : 118 000

Le numéro un mondial des engins de chantier ne s’est pas immédiatement imposé dans le domaine des pelles hydrauliques, chasse gardée des japonais. Le décollage n’a véritablement commencé qu’avec la création d’une coentreprise Caterpillar/Mitsubishi. Petit à petit, le japonais s’est désengagé laissant aujourd’hui l’américain seul maître à bord, tout en conservant un bureau d’études exclusivement dédié aux pelles à Akashi, à une soixantaine de kilomètres d’Osaka.

Volvo CE

CA 2013 : 6 Mds €
Effectif : 14 663

Le véritable début du suédois Volvo dans la pelle hydraulique, après quelques tentatives plus ou moins heureuses, date de 1998 avec le rachat d’une usine appartenant au coréen Samsung. Mais il n’y trouve pas la pelle de production susceptible de travailler avec des tombereaux articulés, un produit dont il est leader mondial. Il dessine donc une machine de 70 t, l’EC700, qui sort en 2005. Aujourd’hui, elle reste l’unique représentante des pelles de production dans le catalogue Volvo.

Komatsu

CA 2013 : 13,7 Mds €
Effectif : 47 000

Le japonais Komatsu n’a pas en France la place que la marque occupe dans d’autre pays. Acteur secondaire chez nous, derrière Liebherr, Caterpillar et Volvo, il remonte sur le podium dans d’autres pays d’Europe, ainsi qu’aux États-Unis. Ailleurs encore, il domine totalement le marché des pelles, y compris des modèles de production. Ces machines proviennent, pour certaines, du Japon ; pour d’autres, d’une usine d’assemblage installée depuis 1985 à côté de Newcastle, en Grande-Bretagne.

Hitachi

CA 2013 : 5,6 Mds €
Effectif : 20 900

Hitachi se présente comme le numéro un mondial des pelles hydrauliques. Ce titre n’est pas usurpé, même si Komatsu le lui dispute parfois à quelques unités près. Dans une large partie du monde, les pelles Hitachi sont vendues sous la marque John Deere. C’est un spécialiste des pelles avec une très vaste gamme allant de 0,8 à 800 t. Le segment « pelles de production » compte cinq modèles, certains inspirés par un engin de terrassement classique, d’autres trouvant leur filiation dans les machines minières.

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