Territoires Vendée

Le chantier permanent du Puy du Fou

Mots clés : Tourisme

Elle a été l’événement de l’été. Attraction hors-norme, « Le dernier panache » fait revivre l’histoire de Charrette, le héros de l’insurrection vendéenne. Quelque 2 500 spectateurs sont embarqués dans un gigantesque travelling, comme au cinéma, grâce à une tribune tournante qui leur permet de changer de décor et de suivre l’action en mouvement. « C’est le plus gros projet du parc en termes de superficie et d’ambitions financières, techniques et artistiques. Plus de 19 millions d’euros ont été investis pour faire sortir de terre cette salle de spectacle », déclare Laurent Albert, directeur général du Puy du Fou.

La nouvelle attraction, qui a ouvert en avril, a exigé de créer une salle, « Le théâtre des géants ». D’une surface de 7 500 m2, elle comprend un bassin de 60 m de longueur pour reconstituer la mer. Pour les architectes du cabinet 6K, l’idée de cette salle était d’avoir une scène modulable à l’intérieur pouvant accueillir un spectacle à 360° et garder un aspect esthétique à l’extérieur. Ainsi, à 18,5 m du sol se dresse un immense toit en ardoises naturelles de 3 000 m2. « Nous avons privilégié l’ardoise afin d’effacer la volumétrie de la salle et retrouver des proportions de bâtiment à l’échelle humaine », précise l’architecte Christophe Rabiller. C’est l’entreprise vendéenne Le Lorec, spécialisée dans les chantiers complexes et certifiée patrimoine ancien, qui a posé la toiture. « 120 000 ardoises de 4,5 mm d’épaisseur en provenance des carrières de Cupa Pizarras auront été nécessaires pour recouvrir les deux rampants à 170 % », explique Romuald Le Lorec.

Stratégie d’investissement continu.

Avec ce chantier, l’année 2016 aura été exceptionnelle en termes d’investissement, soit 24 millions d’euros au total. « D’ordinaire, nous sommes plutôt sur un rythme moyen de 15 millions d’euros par an. Nous avons par exemple une trentaine de permis de construire prévue cette année. Mais notre particularité est que nous n’avons aucune subvention publique et aucun actionnaire. Aussi, chaque année, l’intégralité de nos bénéfices est réinvestie dans des nouveautés », assure Laurent Albert. Cette stratégie d’investissement continu est l’un des fondements de la réussite du Puy du Fou qui accumule les récompenses internationales et vient d’être désigné meilleur parc français devant Disneyland par le site de voyages TripAdvisor. Depuis sa création en 1977, le Puy du Fou, qui a atteint 2,2 millions de spectateurs cette saison, aura investi plus de 320 millions d’euros pour son développement et fait travailler à 80 % des entreprises locales.

« Nous travaillons en confiance avec les entreprises. On se tape dans la main et on fait le bon de commande après », affirme Laurent Albert. Propos confirmés, mais nuancés, par un entrepreneur travaillant régulièrement pour le parc : « En fait, ils nous donnent leur prix et, si on est d’accord, on a le marché ! » Tout le monde semble s’y retrouver car les chantiers sont optimisés et ne subissent pas la hiérarchie de la maîtrise d’ouvrage. « Je suis l’ancien directeur technique et, avec mon équipe, nous donnons immédiatement nos réponses aux questions des entreprises dans les réunions de chantier », assure Laurent Albert. Un exemple de la fameuse méthode vendéenne.

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