Territoires Fleury-Mérogis

Le chantier de la prison a ouvert des portes à Hervé SA

Mots clés : Établissements pénitentiaires et judiciaires

«Ayant rempli notre contrat, nous pouvons dire qu’une PME peut réussir dans des chantiers a priori réservés aux grandes entreprises », souligne Jean-Michel Salvador, président du directoire de Hervé SA. Cette société familiale indépendante de Mantes-la-Jolie (Yvelines) a emporté devant les majors du BTP l’appel d’offres de la restructuration lourde d’une partie de la prison de Fleury-Mérogis, et a su mener avec succès dix ans de travaux pour un marché de 192 millions d’euros HT.

Il s’agissait, en milieu fermé et occupé, de réhabiliter les 3 205 cellules et les ateliers de la section « hommes » de la célèbre maison d’arrêt essonnienne. Objectifs : améliorer les conditions de travail du personnel pénitentiaire et de détention des prisonniers. L’ensemble, dégradé et datant de 1964-1973 (Guillaume Gillet, architecte), est circulaire, entouré d’une enceinte et doté d’un rond-point central pour l’administration pénitentiaire. Partant de ce rond-point, cinq bâtiments satellites à quatre niveaux en forme de patte-d’oie, les « tripales », où se trouvent les cellules.

Sous haute surveillance.

« Nous avons traité chaque tripale l’une après l’autre, en cinq phases successives. Vidée de ses 700 à 900 détenus, chacune fut sécurisée par une triple clôture électrifiée, équipée de caméras. On a créé une ouverture provisoire dans le mur d’enceinte pour faire passer les flux de chantier, une ouverture pour deux tripales. Ce sas était surveillé par l’administration pénitentiaire, véhicules et ouvriers badgés étaient fouillés aux entrées et sorties », explique Sébastien Degos, directeur des travaux. Pour chacun des cinq chantiers, les quantités de matériaux utilisées – toujours surveillées – furent importantes : 2 100 m3 de béton et 83 tonnes d’acier. Il y eut jusqu’à 200 ouvriers sur le chantier, chacun ayant fait l’objet d’une enquête. Autre contrainte : le vestiaire du chantier ne pouvait se situer dans la prison. Une « base vie » a donc été mise en place à l’extérieur, exigeant en moyenne une demi-heure de trajet sécurisé.

Après désamiantage, cellules, ateliers, zones de formation et quartiers disciplinaires ont ainsi été restructurés et rénovés en mettant l’accent sur la sécurité (pas d’angles morts). Chaque tripale a été l’objet d’un chantier de 17,5 à 30 mois. L’entreprise a commencé par le n° 2 et fini par le n° 4, du 30 janvier 2006 au 7 décembre 2015, soit presque dix ans de travaux. Jean-Michel Salvador et Sébastien Degos insistent sur l’organisation sans faille que nécessite une telle opération, avec la mobilisation de 15 cadres sur le terrain. Et comme Hervé SA est une entreprise générale, elle a parfois eu à travailler avec 80 sociétés sous-traitantes, certaines étant de taille bien supérieure à elle, comme ce fut le cas de Thales pour les équipements de sécurité.
« En tant que PME de 236 personnes, nous avions une obligation de résultat, nous jouions notre peau », précise Jean-Michel Salvador dont l’entreprise, créée en 1946, réalise 110 millions d’euros de chiffre d’affaires. Après cette expérience formatrice de dix ans, Hervé SA a pu s’attaquer à des chantiers porteurs comme la conception-construction du siège d’Aéroports de Paris à Roissy (87 millions d’euros), avec la société TAV, dont la livraison doit débuter fin 2016.

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