Territoires Rouen

Le champ de courses laisse « le champ libre » à la nature

Après un suspense de près de dix ans, on sait désormais ce que deviendra l’hippodrome des Bruyères, plus connu des Rouennais sous le nom de « champ de courses », à l’entrée sud de l’agglomération. Ce site de 28 ha, idéalement desservi à terme par les transports en commun avec le projet de nouvelle ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) baptisée T4, deviendra un parc naturel urbain nommé « Le champ libre ». Cinq communes sont concernées : Rouen, propriétaire initial des terrains, Petit-Quevilly, Grand-Quevilly et, surtout, Saint-Etienne-du-Rouvray et Sotteville-lès-Rouen.

Sous maîtrise d’ouvrage de la Métropole Rouen Normandie, cette opération, chiffrée désormais à 22 millions TTC, vient d’être confiée, après concours, à l’agence de paysage parisienne Mutabilis, mandataire. L’équipe de maîtrise d’œuvre sera complétée par l’urbaniste Philippe Madec, les Ateliers 59 (Lille) pour la signalétique, et les bureaux d’études OGE (Saint-Maur-des-Fossés) et Berim (Pantin). Le projet comprend divers jardins, espaces écologiques, forêts, vergers, aires de jeux mais aussi une ferme de production permacole [la permaculture vise à créer une production agricole soutenable, très économe en énergie et respectueuse des êtres vivants] dont l’exploitant sera connu au printemps après appel à projets. La piste périphérique sera conservée pour accueillir une « bande active », accessible 24 h sur 24, le reste du parc, fermé la nuit, n’étant pas éclairé. La vocation sportive du site, qui accueillait 17 terrains de sport (football et rugby surtout), sera en partie conservée avec un city stade diversifié.

Un chantier de 13 millions d’euros.

Entamée par la Métropole dès 2013, la concertation se poursuivra en 2016 avec remise de l’avant-projet définitif en fin d’année. La consultation des entreprises aura lieu en 2017 et les travaux d’aménagement, estimés à 13 millions d’euros TTC, s’étaleront sur trois ans. « Le parc se fera au fur et à mesure, précise Frédéric Sanchez, président de la Métropole. Certains espaces de réserve, à vocation différée, feront l’objet d’aménagements réversibles pour l’accueil ultérieur d’équipements, attractions ou initiatives privées. » Haut lieu du sport hippique durant un siècle et demi, le champ de courses a vu ses derniers chevaux en avril 2001 et a fermé ses portes définitivement en 2005.

Avant que la Métropole ne lance l’idée d’un parc urbain, chacun des maires impliqués avait défendu « son » projet. Hubert Wulfranc, maire de Saint-Etienne-du-Rouvray depuis 2002, souhaitait la création d’un golf. Le projet actuel trouve sa source en décembre 2008 quand, après plusieurs visites de sites comparables en France (Lyon, Rennes) et à l’étranger (Berlin, Postdam), François Zimeray, alors président de la communauté d’agglomération de Rouen (CAR), avait décidé de confier des études de programmation d’un « poumon vert » au cabinet allemand Kuschnig & Schubert. Ce projet était chiffré à 30 millions d’euros. Avant que ne soit lancée la phase de démocratie participative, les estimations étaient retombées en 2013 à 15 millions.

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