Territoires Bordeaux

Le chai de Pichet signé Arsène-Henry et Starck

Mots clés : Architecte - Établissements industriels, agricoles, ICPE

Le promoteur Patrice Pichet a confié à l’architecte bordelais Luc Arsène-Henry, associé à Philippe Starck, la conception d’un nouveau chai pour son château Les Carmes Haut-Brion qui a été inauguré au début de l’été. Un bâtiment de forme effilée, posé sur l’eau du Peugue, un modeste affluent de la Garonne. Le promoteur avait déjà travaillé avec l’architecte bordelais Luc Arsène-Henry, cofondateur de l’agence LAH/AT. L’agence Luc Arsène-Henry et Alain Triaud architectes associés a notamment réalisé des usines Dassault à Mérignac et à Istres, le siège du journal « Sud-Ouest » et bien sûr des chais et bureaux pour le domaine vinicole (Ducru-Beaucaillou, Pichon-Longueville…).

La collaboration des deux concepteurs n’a rien de fortuit. « Comme j’avais réalisé plusieurs opérations pour Patrice Pichet, ce dernier m’a demandé d’intégrer au projet Philippe Starck, que je connais depuis trente ans, explique Luc Arsène-Henry. Nous avons cherché l’efficacité technique des installations, d’où cette conception sur plusieurs niveaux : chai à barriques, cuvier, mezzanine technique, surmontés d’une terrasse. Ces niveaux superposés, de surface dégressive, dessinent une lame effilée jaillissant au fil de l’eau dans le lit du Peugue. »

Chai et cave sous l’eau.

L’ouvrage développe 2 000 m2 sur quatre niveaux : le chai de 300 barriques sur dalle et pieux de 27 m et la cave de prestige attenante sont placés sous le niveau de l’eau, améliorant les conditions d’hygrométrie et de température par rapport à un chai classique. La passerelle technique supérieure permet l’accès aux sommets des cuves. A la proue du bâtiment, on trouve la salle de dégustation et de réception. Une grande terrasse en teck porte le faîtage à 8 m au-dessus de l’eau.

La vêture en Alucobond métallisé est composée de cassettes cintrées trapézoïdales, sans fixations visibles, d’une épaisseur de 4 mm. Elle est posée sur un vide d’air de 15 cm avec la paroi isolante collée sur la structure béton. Les parois intérieures sont en béton brut matricé. Un choix de « simplicité » partagé par les deux concepteurs. Enfin, l’architecte a également simplifié la structure en utilisant la dalle comme clé de voûte : « La dalle supérieure du chai forme le plancher de la terrasse et sert de clé de voûte aux deux murs latéraux. On obtient ainsi un plafond lisse et uniforme sans retombée de poutre sur 90 m de long, 15 m de large au plus large et 12 m de hauteur dont 4 m immergés », précise-t-il. Cette structure utilisant le béton brut et le vide des parois assure la ventilation naturelle des cuves. Le vide d’air entre l’isolation et la vêture métallique est alimenté par une fente basse qui accueille l’air frais qui circule le long des parois et ressort sur la rambarde supérieure.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : groupe Pichet. Maîtrise d’œuvre : architecte, Luc Arsène-Henry-LAH/AT architectes associés ; conseiller artistique, Philippe Starck ; BET : Ecotech Ingénierie. Entreprises : Sogedda (gros œuvre) ; Plébac (pose extérieure) ; T2B Aluminium (pose intérieure) ; Laude Toulouse (façonnier de l’Alucobond). Coût : 10 millions d’euros.

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