Territoires Meuse

Le centre d’enfouissement des déchets radioactifs entre dans sa phase amont

Cigéo, le centre d’enfouissement de déchets hautement radioactifs de Bure (Meuse), constituera peut-être le plus grand chantier d’Europe de ce siècle, mais il reste aujourd’hui au stade d’hypothèse dans l’attente de décisions législatives. Maître d’ouvrage de l’installation, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) engage néanmoins plusieurs grands chantiers d’aménagement connexes dont les travaux débuteront en 2017, et ce quelle que soit l’issue de la demande d’autorisation de création (DAC) qu’elle déposera cette même année. « Il s’agit d’un risque industriel assumé. Nous entendons lancer au plus tôt les travaux de desserte du site et les raccordements aux réseaux d’électricité, d’eau et de gaz qui seront, le cas échéant, indispensables pour débuter le chantier Cigéo en 2020 », indique l’Andra.

Parmi les projets actés figurent deux grands chantiers ferroviaires encore non chiffrés, mais dont les études sont d’ores et déjà lancées. L’Andra a confié à Systra la maîtrise d’œuvre d’un raccordement de 14 km – dont 10 km en site propre – le long de l’ancien tracé Gondrecourt – Joinville pour acheminer les convois de déchets jusqu’à la descenderie prévue à Saudron (Haute-Marne). Réalisée sous maîtrise d’ouvrage de l’Andra, cette voie doit acheminer les agrégats nécessaires à la construction du radier de la plate-forme d’entreposage des déchets. SNCF Réseau étudie aussi le renforcement de la voie ferrée existante entre Nançois et Gondrecourt, qui doit débuter en 2017.

Déviation routière.

Parallèlement, l’Andra prévoit une déviation de la RD 60 qui traverse aujourd’hui la zone prévue pour la descenderie. La concertation en cours avec les conseils départementaux de Meuse et de Haute-Marne doit déboucher sur la réalisation des travaux en 2017. RTE engage pour sa part les études d’un poste électrique de 400 000 volts qui sera raccordé à la descenderie courant 2019. Quant à l’alimentation en eau, elle fait l’objet de plusieurs hypothèses dont la plus vraisemblable est celle de captages depuis la vallée de la Marne.

Les bureaux d’études nationaux seront les premiers bénéficiaires de ces grands marchés, mais les entreprises locales ont bon espoir de se positionner sur les appels d’offres de travaux attendus dans deux ans. Dans l’intervalle, l’Andra leur a présenté à la fin avril des projets d’extension et d’aménagement de son laboratoire de Bure, qui mobiliseront 8 millions d’euros en 2016. « Nous encourageons nos entreprises à se constituer en groupements pour accéder à ces marchés, car c’est la seule manière pour elles d’accéder à des travaux de cette ampleur », souligne André Poirot, nouveau président de la fédération du BTP de la Meuse. Le syndicat professionnel régional des industries routières de Lorraine suit également de près le lancement des premiers appels d’offres et espère pouvoir positionner ses entreprises y compris sur les travaux les plus spécifiques, tel le creusement de la descenderie.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X