Territoires

Le cœur de Garonne-Eiffel se dessine

Mots clés : Entreprise du BTP - Métier de la construction - Urbanisme - aménagement urbain

La ZAC confiée à TVK a trouvé les opérateurs de son secteur central, le Belvédère, autour de Nexity et de l’urbaniste GGAU.

Stéphan de Faÿ, directeur général de l’établissement public Bordeaux Euratlantique, rappelle « qu’avec 126 ha, Garonne-Eiffel est le plus grand secteur à aménager d’un seul tenant en région ». Après le choix de TVK comme urbaniste de la ZAC en 2015, une nouvelle étape a été franchie en mars dernier avec le choix de l’équipe qui va aménager le secteur central du Belvédère. Euratlantique a retenu le groupement composé des promoteurs Nexity, Altarea Cogedim et Pitch Promotion, associés aux agences Güller-Güller (GGAU, Rotterdam) et Hondelatte-Laporte et au paysagiste écossais Gross Max.

Pour Stéphan de Faÿ, l’innovation est au cœur du projet d’Euratlantique : il a lancé un vaste programme de 25 000 m2 en structure bois par an, avec les premières tours de 50 m en France et une plate-forme de mutualisation des services pilotée par Eiffage (Noé). Mais l’innovation doit également se retrouver dans la méthode d’intégration des nouvelles réalisations : « Il faut savoir se calmer en termes d’architecture, car personne ne vit dans un catalogue. Les grands objets sont bienvenus s’ils sont rares, sans être clivants. » Il s’agit selon lui de « faire en sorte que l’architecture soit un fond de scène de la ville, qui crée un décor agréable, qu’on ne voit presque pas, ce qui est le propre de l’architecture bordelaise. C’est l’inverse d’une collection de vanités. »
Pour éviter le patchwork, le jeune directeur préconise « quelques éléments unificateurs : contrairement à l’architecture haussmannienne, nous essayons de définir des règles propres à chaque quartier, qui laissent s’exprimer une diversité architecturale, mais en restant sobres sur la palette des matériaux, des colorimétries, des tailles d’ouverture, et le rapport au sol ». Car il veut une architecture située, ancrée au sol : « Il faut que l’espace public et l’architecture se parlent. Sur le Belvédère, nous allons demander aux promoteurs quel est le budget alloué aux façades, pour avoir des réalisations qui intègrent dès le départ une réflexion sur le coût : la pierre, c’est 450 euros/m2, quatre fois plus que les façades enduites. »

Projet commun.

Après une phase de coordination, les deux urbanistes Antoine Viger-Kohler (TVK) et Mathis Güller élaboreront un projet commun de l’espace public. « Le choix du groupement Nexity-Güller a été de repousser la densité vers l’arrière et non en front de Garonne. » Il s’agit à la fois de créer une esplanade en front de Garonne, avec un bâtiment qui accueillera la Bellevilloise, la place Trégey au nord qui fera le lien avec les quartiers existants, d’où partira une perspective nouvelle vers le quartier Saint-Michel en rive gauche. « Il s’agit surtout de retravailler le boulevard Joliot-Curie, au débouché du pont Saint-Jean pour casser sa linéarité et remettre un peu cette aspérité qui rappelle que la ville historique ne s’est pas faite en une fois. » Le calendrier proposé par Nexity est serré et ambitieux : déposer les premiers permis de construire au 1er trimestre 2017, puis étaler constructions et livraisons sur à peine trois ans. « Je suis convaincu que c’est la bonne stratégie », estime Stéphan de Faÿ. Le temps de la conception aura pour une fois dépassé celui de la réalisation. A suivre.

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1. Fayat investit la rive droite.

Fayat Immobilier (ex-Somifa) se positionne depuis deux ans comme opérateur global de l’immobilier : promoteur, aménageur, monteur d’opération et bâtisseur. Dernier exemple en rive droite, l’opération quai Deschamps à Bordeaux, qui prévoit 10 000 m² de bureaux dont ceux de Fayat et 10 000 m2 de logements, dont 30 % sociaux, face à la Garonne. Les architectes Brenac et Gonzalez ont conçu un immeuble aux transparences étudiées, performant en termes d’énergie et d’usage, qui vise la certification environnementale Breeam.

Architecte : Olivier Brenac et Xavier Gonzalez

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2. Nouvelle gare côté Belcier.

Pour accompagner l’arrivée de la LGV, Gares & Connexions a lancé la réalisation d’une nouvelle gare côté sud, qui doit permettre d’accueillir les 18 millions de voyageurs prévus en 2017. Objectif : créer un hub multimodal, dans et autour de la gare de Bordeaux Saint-Jean – avec notamment un hall et des espaces voyageurs de 2 500 m2, dont la dimension est comparable à celle du hall historique -, surmonté d’un bâtiment proposant 860 places de stationnement sur 7 niveaux. Le bâtiment ouvre sur un parvis de commerces et services. Investissement : 95 millions d’euros.

Architecte : SNCF-Arep / Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud, François Bonnefille

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3. Tours en structure bois.

Bordeaux Euratlantique veut réaliser chaque année 25 000 m2 de constructions à ossature bois. Les deux premiers ensembles dotés d’une tour bois ont été retenus : la tour Hypérion, de Jean-Paul Viguier pour Eiffage, et la tour Silva (photo ci-contre) d’Art & Build et Studio Bellecour pour Kaufman & Broad. Y sont associés les sociétés de bois Techniwood, IBS, Sacba et Elioth. Cette tour de 18 étages, également de 50 m de hauteur, sera constituée à plus de 80 % de bois, avec une structure primaire à colombages géants.

Architecte : Art & Build et Studio Bellecour

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4. Pont Jean-Jacques-Bosc.

En juin 2013, l’équipe menée par Rem Koolhaas (avec Egis, WSP, le paysagiste Michel Desvigne et Lumières Studio) a remporté une consultation serrée. Son concept : « Une plate-forme linéaire neutre, sorte de boulevard de 44 m de large et 545 m de long, en pente douce, où chaque forme de mobilité a sa propre voie – voitures, piétons, vélos et transports en commun. Il permet une plus grande diversité d’usages, y compris festifs, » explique l’agence OMA. Investissement : de l’ordre de 121 millions d’euros.

Architecte : OMA (mandataire)

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5. Bordeaux Métropole Arena.

La première pierre de cette grande salle de spectacle tant attendue vient d’être posée le 11 avril. Après plusieurs projets abandonnés, c’est le groupement formé par Lagardère Sports and Entertainment/DV Construction (Bouygues) et Rudy Ricciotti qui a été choisi. Une salle multifonctionnelle, dont la jauge peut passer, selon les événements (concerts, spectacles, sport indoor) de 2 500 à 11 000 places. « Un galet de béton blanc posé sur les berges de Garonne », selon les mots de Rudy Ricciotti, en rive droite, bientôt desservi par le nouveau pont Jean-Jacques-Bosc. Investissement : 77 millions d’euros. Livraison : début 2018.

Architecte : Rudy Ricciotti

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