Enjeux

Le breton Cardinal Edifice joue dans la cour des grands

Mots clés : Métier de la construction

Le maçon s’affirme comme une alternative aux majors nationaux en cumulant les grands projets hors de ses terres.

Yvon Cardinal est un homme de défi. Cosponsor du trimaran FenêtréA-Cardinal, ce patron de 59 ans n’a pas hésité à prendre le large aux côtés du skipper Erwan Le Roux dans la dernière Transat Québec Saint-Malo. « Même si je ne suis pas un marin dans l’âme, je ne pouvais pas laisser passer cette occasion », explique simplement le président de Cardinal Edifice qui s’est tout de même payé le luxe de battre le record de l’épreuve en neuf jours, 14 heures et 21 minutes.

Le dépassement de soi est une seconde nature chez cet homme pourtant discret. Cela passe d’ordinaire par la course à pied, discipline qui lui aura servi à surmonter des épreuves, comme, en 2008, le procès très médiatisé pour travail dissimulé qui restera une blessure profonde. Mais, à l’image des raids extrêmes auxquels il s’est confronté, dont le Marathon des Sables au Maroc ou La Diagonale des Fous à La Réunion, Yvon Cardinal sait que la persévérance est la force du chef d’entreprise.
Lorsqu’en 1974, il succède à son père, l’entreprise familiale de maçonnerie compte 14 salariés. Aujourd’hui, Cardinal Edifice en emploie 640. Présent dans le gros œuvre, les travaux publics (Daniel TP), les maisons individuelles (maisons Cardinal, Zénoa), la menuiserie (Alu Rennais, Alu Nantais, Alu Océan, MAS, Menuiserie Cardinal), les équipements techniques (Soleo), la façade (Les Crépis d’Armor) et l’immobilier (Cardigest, Pourpre Invest, Apodiss Invest), le major régional a réalisé 140 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014. « J’ai monté tout ça marche par marche, en en franchissant parfois plusieurs à la suite, comme en 1997 avec la première ligne du métro de Rennes », note Yvon Cardinal. Pour sa première expérience sur ce type d’ouvrage, l’entreprise construira 2,5 km de tunnel et quatre stations enterrées. « Les élus de l’époque ont eu le courage de confier ce chantier aux ETI régionales, ce qui a créé une émulation et nous a tous permis de nous structurer », explique-t-il. Aujourd’hui, Cardinal Edifice intervient sur le lot 3 de la ligne B, mais ce chantier d’envergure est loin d’être le seul.
A Carhaix (Finistère), le maçon construit la plus grande usine de poudre de lait infantile au monde. Hors de ses terres bretonnes, l’entreprise a décroché, début 2014, la construction du plus gros centre commercial de France, Polygone Riviera à Cagnes-sur-mer (Alpes-Maritimes). 70 millions d’euros, 150 000 m2, 11 grues, 100 salariés en grand déplacement… « Nous avions quelques références comme Atoll à Angers, mais jusqu’alors notre plus gros chantier se chiffrait à 25 millions et ça a été un vrai parcours du combattant pour obtenir une garantie de bonne fin auprès des banques », se souvient Yvon Cardinal. La prise de risque s’est avérée payante. Le succès du chantier vient de conduire le client, Unibail-Rodamco, à lui confier le lot clos couvert de l’extension-rénovation du centre commercial Carré Sénart, en Seine-et-Marne. Le marché s’élève à 80 millions d’euros pour 170 000 m2 en site occupé.

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