Architecture Equipement culturel

Le bois réchauffe les vieilles pierres

Mots clés : Bois - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Manifestations culturelles - Ouvrage d'art - Produits et matériaux

En Isère, la mutation d’anciens corps de ferme en maison des arts est soulignée par une passerelle extérieure qui se prolonge à l’intérieur.

Entre le massif de la Chartreuse et la chaîne de Belledonne, à quelques kilomètres à l’est de Grenoble, la commune de Montbonnot-Saint-Martin (Isère) a inauguré il y a deux ans et demi sa maison des arts. Celle-ci offre une salle de 216 places à vocation polyvalente, ainsi que divers espaces pour les activités des associations artistiques locales. La Ville avait confié aux agences Aktis Architecture et Donjerkovic Architectes du patrimoine l’installation de cet équipement dans l’ancien prieuré Saint-Martin, établi au Moyen Age, et propriété communale depuis sa vente comme bien national à la Révolution. Le site ne comportait plus à vrai dire que deux bâtiments d’exploitation agricole, se succédant parallèlement depuis le nord du terrain. L’accès à la maison des arts s’effectue par une cour aménagée entre ces deux édifices : au nord, le premier corps de ferme abrite les salles associatives, dont celle dédiée à la danse ; le second accueille des salles de plus petite taille et les circulations verticales.

Composition paysagère. L’espace polyvalent occupe presque entièrement le volume de l’extension, qui s’allonge perpendiculairement aux anciens corps de ferme. Le socle sur lequel il est posé, en partie encastré dans la pente, abrite le garage du gardien, la chaufferie bois et son silo. L’emprise bâtie en forme d’équerre, que constituent l’existant et l’extension, détermine un espace sensiblement carré : de cette portion du pré arboré, les concepteurs ont fait la cour principale. Quelques ruines maçonnées du prieuré leur ont servi de base pour y développer une composition paysagère que structurent une allée piétonne et un canal, suivant tous deux le sens de la pente. Les volumes intérieurs existants ont été préservés, les planchers reconstruits aux niveaux d’origine, les façades partiellement recomposées ont été enduites ou rejointoyées. Les enduits isolants à base de chanvre participent d’une démarche environnementale, de même que les dispositifs de surventilation naturelle nocturne.

Une ossature primaire en acier et une secondaire en douglas ont été utilisées pour l’extension, sous le bardage en mélèze. Du bois encore pour la passerelle qui, en étage, relie les deux corps de ferme, de même que pour la galerie suspendue en continuité de cette passerelle. Ladite galerie distribue les salles à l’étage du corps de bâtiment au nord, et sert d’issue de secours.

Ombres et relief. La succession de la galerie et de la passerelle établit ainsi jusqu’à l’extension une communication entre tous les bâtiments. Le bois qui exprime cette continuité la met d’autant plus en évidence qu’il est partout travaillé verticalement, par un jeu sur les avancées et retraits d’épaisseur, qui génère ombres et relief. Pareil rythme se trouve encore renforcé par la double rangée de piliers bois du passage couvert, sur le flanc de l’extension. Comme un écho à ceux qui charpentent le corps de ferme le plus ancien, au début de la promenade architecturale.

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Montbonnot-Saint-Martin.

Maîtrise d’œuvre : Aktis Architecture, mandataire, et Donjerkovic Architectes du patrimoine. BET : EBS/Bois conseil (structure), l’Ingénierie climatique (génie climatique), 2D Ingénierie (économie/ OPC). Principales entreprises : TDMI (gros œuvre), Charpente contemporaine (structure/charpente/étanchéité). Surface : 1 600 m² Shon. Montant des travaux : 3,54 millions d’euros HT.

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