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Le BIM pour tous, ou presque

Mots clés : Logiciels - Outils d'aide

Le Plan de transition numérique du bâtiment, dévoilé le 25 mars, doit encore lever des réticences dans le secteur.

Les 25 et 26 mars, la première édition de BIM World était consacrée aux usages du numérique dans la construction et l’aménagement. Lors de sa visite au salon, la ministre du Logement Sylvia Pinel a présenté le Plan de transition numérique du bâtiment, lancé en décembre 2014 et doté de 20 millions d’euros. « Entrer dans l’ère du numérique est une condition incontournable pour construire plus, mieux et moins cher », estime la ministre qui avance une baisse des coûts de 35 euros/m2 dans la construction neuve grâce au BIM. Des changements réglementaires vont accompagner le déploiement du numérique, comme le carnet d’entretien du logement prévu par la loi de transition énergétique. Bertrand Delcambre, président du plan de transition numérique, annonce également la numérisation de procédures administratives comme le permis de construire.

Mais la priorité numéro un est de donner envie à tous les professionnels de la construction de se lancer dans cette révolution, pour tous les types de bâtiments et à toutes les étapes, de la conception à l’exploitation et la rénovation. Un portail web du numérique est promis avant l’été, ce qui devrait aider à convaincre notamment les petites entreprises de l’efficacité du BIM en termes de coûts, de délais et de qualité. Car toutes les réticences ne sont pas encore effacées. Catherine Jacquot, présidente de l’Ordre des architectes, assure que ses confrères sont pour la plupart enthousiastes et utilisent déjà le BIM. Mais ils émettent aussi des réserves : les outils doivent être assez souples pour permettre des allers-retours, sans figer le projet dès l’avant-projet. Les architectes sont aussi circonspects vis-à-vis du respect de la loi MOP et du partage des responsabilités et des rémunérations. Ils craignent une systématisation des contrats globaux qui priverait la maîtrise d’œuvre de son indépendance. Pour dépasser ces obstacles, l’Unsfa a créé un club BIM Construire et multiplie les conférences et les démonstrations d’outils de maquette numérique pour montrer que ceux-ci ne constituent pas des freins à la créativité. Le syndicat propose aussi aux petites agences un kit BIM abordable.
Du côté des entreprises, le pas est franchi pour les plus grosses d’entre elles. Les majors, Vinci, Bouygues et Eiffage, avaient d’ailleurs leur stand sur le salon pour montrer que le BIM est désormais chez elles un standard de production. « Pour les petites entreprises, la notion de coût est importante », souligne Dominique de Sauza, président de la commission technique et qualité de la FFB. Les entrepreneurs craignent aussi de ne plus pouvoir proposer de variantes et de voir leur savoir-faire moins reconnu. David Morales, à la Capeb, craint, lui, que la fabrication artisanale se voie exclue au profit de produits standardisés.

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