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Le big data s’embarque dans l’immobilier

Mots clés : Etat civil - Gestion et opérations immobilières

Une carte d’identité numérique attachée à chaque bâtiment aidera bientôt les gestionnaires à affiner leur stratégie.

L’immobilier fait sa révolution digitale. Courant avril, la société d’évaluation et de certification Bureau Veritas lance une carte d’identité numérique destinée aux bâtiments tertiaires. Nommée Building in One, cette offre consiste à numériser des informations juridiques, techniques, commerciales ou encore environnementales d’un bâtiment, et à les certifier. Les données ont ensuite vocation à être stockées en ligne et à suivre le bâtiment, même lorsqu’il change de main, « grâce à la création d’un code d’identité pour chaque immeuble géré », explique Marie-Caroline Dalmar, en charge de l’innovation et des nouveaux services de Bureau Veritas. Avec le développement de ce produit, l’information n’appartiendra plus au propriétaire de l’immeuble, mais bien à l’édifice lui-même.

Commercialisé 500 euros par mois et par utilisateur, ce nouveau produit s’adresse aux sociétés foncières, aux intermédiaires immobiliers et aux entreprises ayant un patrimoine important. Pourquoi payer ? « Les propriétaires connaissent mal leur patrimoine », assure Pierre Popesco, avocat partner chez Herbert Smith Freehills. Avec une meilleure visibilité, ils amélioreront la gestion de leurs actifs. « Lors de travaux, nous ne sommes jamais sûrs de travailler sur le dernier plan, s’agace Roger-Marc Gaudiot, directeur général adjoint chez Nexity Property Management. Par ailleurs, un immeuble représente 15 m linéaires d’archives papier. Lorsqu’un client souhaite vendre un bien, il nous demande une multitude d’informations. Nous les lui fournissons après quatre à cinq jours d’investigations. En réduisant le temps de recherches, notre marge pourrait bondir de deux à trois points. » Mieux renseignés, les propriétaires pourraient aussi tirer un meilleur prix de vente. « Pour concéder le moins de contreparties possible lors de transactions, il faut donner à l’acheteur des informations certifiées », confie Pierre Popesco. Or, aujourd’hui, les documents fournis sont loin de l’être…

Recouper les données.

En test depuis six mois sur une centaine de bâtiments, Building in One va concurrencer Mainta iSolution, l’offre proposée par l’Apave, spécialiste de la maîtrise des risques. « Nous sentons un regain d’intérêt pour ce type de produit car le contexte législatif génère énormément de données », estime Laurent Perazio, responsable axe développement du groupe. D’autant plus que les outils proposés iront bientôt plus loin que le simple stockage de paramètres. « En recoupant les données d’une galerie commerciale avec des informations démographiques, on pourra conseiller une foncière sur la stratégie à adopter », assure Marie-Caroline Dalmar. Ouvrons bien grand les yeux, car nous assistons sans doute à la naissance de géants du data de l’immobilier.

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