Architecture Technique Résidence étudiante

Le béton préfabriqué s’adapte aux zones sismiques

Mots clés : Bâtiment d’habitation collectif - Béton - Risque sismique - Technique de construction

Situé à La Rochelle, l’immeuble a résisté sans dommage aux séismes en phase travaux.

Pas moins de 5,2 sur l’échelle de Richter ! C’est la magnitude du séisme qui a frappé La Rochelle (Charente-Maritime), le 28 avril 2016, alors que le chantier de construction de la résidence étudiante Aziyadé battait son plein. « Si les compagnons ont rapidement évacué le site, le bâtiment, en phase provisoire a résisté à cette secousse comme à ses répliques », témoigne Frédérik Dain, architecte du projet et fondateur de l’agence Hobo Architecture. Situé dans une zone à sismicité modérée, l’édifice réalisé par l’assemblage d’éléments préfabriqués en béton a été dimensionné avec l’Eurocode 8. « Comme il s’agit d’un système d’assemblage à sec, le texte imposait des connexions de type tenons/mortaises qui évitent les glissements en cas de séisme », précise Yann Champion, architecte et chef du projet pour l’agence Hobo Architecture. Par ailleurs, le bâtiment épouse une parcelle en forme de « L » mais, comme les règles de conception parasismique le préconisent, il est en réalité constitué de deux ensembles rectangulaires séparés par un joint de dilatation de 4 cm. Le contreventement est assuré par des murs pleins qui forment la cage d’escalier de la tour R + 5 au centre ainsi que les cages d’escaliers situées aux extrémités des deux ailes R + 2.

Le confort d’été assuré grâce à l’inertie.

Mais c’est avant tout pour la rapidité de mise en œuvre et la résistance du matériau que le maître d’ouvrage, le Crous de Poitiers, a choisi le béton préfabriqué. En l’occurrence, sept mois auront suffi (entre janvier et août) pour réaliser les 92 studios étudiants, soit 2 520 m² de surface de plancher. Afin de tenir ce délai, tous les éléments (murs de façades, refends et planchers) ont été réalisés en usine. Les plus techniques sont les murs à parement dilatable des façades. Constitués d’un mur porteur intérieur de 18 cm d’épaisseur, de 16 cm d’isolant en laine de verre et d’un parement en béton épais de 8 cm, ils confèrent une forte inertie à la résidence. Une inertie thermique encore accentuée par le béton restant apparent partout ou presque. L’idée est ainsi d’assurer le confort thermique en été, une priorité dans cette région. C’est aussi la raison pour laquelle toutes les chambres sont traversantes, ce qui favorise la ventilation naturelle. Pour le chauffage, des petits radiateurs électriques dans les chambres suffiront à ce bâtiment qui dépasse les exigences de la RT 2012.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : Crous de Poitiers. AMO : CGF-Atlantique, SEP 86. Maître d’œuvre : Hobo Architecture. BET : AIA Ingénierie (structure-sismique) ; IdB (acousticien) ; Cobalt (fluides). Entreprise préfabrication : Cir-Préfa. Contrôleur technique : Veritas. Budget travaux : 3,53 millions d’euros HT.

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