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Le béton de chanvre construit son nid

Mots clés : Béton - Produits et matériaux

A la tête de la société MNBC basée à Neung-sur-Beuvron (Loiret-Cher), Laurent Charvoz développe l’utilisation de murs préfabriqués en béton de chanvre. Le procédé breveté (Neo-chanvre) mis au point par cet ingénieur repose sur une double paroi, l’une en béton armé léger en façade, avec des pépites d’argile expansée, l’autre en béton de chanvre pour l’intérieur, qui joue le rôle d’isolant.

Outre de bonnes qualités de confort thermique et phonique, « le béton de chanvre est également perspirant et parti-cipe à l’équilibre hygrothermique du bâtiment », souligne Laurent Charvoz, qui est aussi à la tête de l’entreprise Martin, une société de BTP d’une centaine de salariés à Luçay-le-Mâle (Indre). Ce matériau biosourcé (27 kg par mètre carré) présente aussi « l’avantage d’être au prix du marché, avec un coût de l’ordre de 1 300 euros par mètre carré, VRD comprise, et permet de construire en R+7 », ajoute-t-il. Recouvert d’un simple enduit à l’intérieur, ce procédé pré-isolé limite les adjuvants et réduit la durée d’un chantier.

Recherche de partenaires. Cette technique originale commence à convaincre. Avec la SEM 3 Vals Aménagement, MNBC a construit l’agence Pôle emploi de Romorantin (Loir-et-Cher), un immeuble de 800 m2 inauguré il y a deux ans. Toujours avec le même partenaire, l’entreprise vient d’achever un immeuble de bureaux de 1 500 m2 à Blois et va bientôt livrer un projet mixte de 17 logements sociaux et 1 200 m2 de bureaux, toujours à Blois. A Tours (Indre-et-Loire), MNBC a construit les nouveaux locaux de l’Adapei et des projets sont en réflexion dans l’agglomération d’Orléans (Loiret) et à Angoulême (Charente).

Les murs sont réalisés sur mesure près de Touars (Deux-Sèvres) par une usine sous-traitante, Techni Prefa, qui peut absorber quatre chantiers par an. Après 600 000 euros investis dans la recherche, MNBC (trois salariés) juge le produit « au point à 95 % ». Pour se développer, l’entreprise mise sur une levée de fonds, notamment avec la BPI, ou l’association avec un partenaire industriel. L’entreprise réfléchit aussi à d’autres pistes, comme l’intégration de la tige de colza dans le béton.

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