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Le Bell B60E a effectué quelques essais en Grande-Bretagne

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Terrassement

Terrassement. Le tombereau articulé Bell B60E, présenté lors de la Bauma 2016, devait rester en Europe. Las ! Il part aux États-Unis dès la fin du mois.

Ce fut l’une des machines vedettes présentées en avril dernier lors de la Bauma, le grand salon allemand des matériels. Après cette semaine sous les projecteurs, le Bell B60E, tombereau articulé de 60 t de charge utile, devait rester en Europe pour effectuer des démonstrations dans différents pays. Sauf que… un client américain découvrant la machine sur le salon a immédiatement sorti son carnet de chèques ! Bell lui a vendu la machine, mais à une condition : que ce B60E ne traverse l’Atlantique qu’après avoir été une nouvelle fois exposé en Europe, lors de Hillhead, un salon qui s’est tenu au mois de juin en Grande-Bretagne. Voici donc cet unique exemplaire partant de Munich pour Manchester. Il est arrivé sur place trois semaines avant le début du salon et, au lieu d’être sagement parqué dans un hangar, le voilà parti dans une carrière proche de Leicester pour faire, pendant quelques jours, ce qu’il aurait dû faire pendant plusieurs mois : des démonstrations en situation réelle. Le Bell B60E est vraiment un matériel d’un genre nouveau : c’est un tombereau rigide, mais articulé ! L’avant est celui d’un Bell B50E doté d’un moteur MTU 6 cylindres en ligne de 577 ch. L’arrière est monté sur un unique essieu Kessler à roues jumelées. « Nous avons fait le choix d’un 4×4 permanent plutôt que d’un 6×6 car nous sommes sûrs que, dans cette configuration, toutes les roues touchent constamment le sol. De plus, cela réduit la longueur de la machine qui devient plus maniable et braque plus court », explique un responsable technique de Bell. Le premier prototype était monté sur des pneus de rigides à l’arrière comme à l’avant. Il s’était avéré peu maniable, d’où un nouveau design : des pneus d’articulés classiques à l’avant et des pneus de rigides 24 R35 à l’arrière. Cela incline légèrement la machine et déporte son centre de gravité au bon endroit. Problème de stabilité résolu ! Mais comment vont réagir des pneus de familles différentes montés sur un même engin ? « Des pneumatiques pour articulés capables de reprendre 60 t n’existent pas. D’ailleurs, le prototype 6×6 que Volvo a montré lors de la Bauma est chaussé avec des pneus 33.25 R29, conçus pour les décapeuses. Sont-ils adaptés au rythme de travail d’un tombereau ? » s’interroge Frédéric Noël, du support technique de Bell France. Sur le papier, le B60E est comparable à un Caterpillar 773 série G, avec une charge et un volume utiles identiques : 55 000 kg et 35 m3. Et sur le terrain ? « Il est beaucoup plus confortable à conduire qu’un rigide », constate un carrier français qui a fait le voyage pour l’essayer. Un de ses confrères belges, Mathieu Cornet, des Carrières du Hainaut, également présent, s’y intéresse beaucoup : « Nous utilisons deux types de tombereaux dans notre carrière. Des rigides pour la production, des articulés pour la découverte. Cette nouvelle machine pourrait remplacer les deux, et donc travailler tout au long de l’année. » C’est cette polyvalence qui séduit les carriers présents. Les quelques terrassiers qui assistent également à la démonstration regarde la nouveauté d’un œil intéressé, même s’ils la perçoivent davantage comme un substitut au rigide car ils conserveraient de toutes façons leur flotte d’articulés de 30 et 40 t. Ils se posent néanmoins des questions, comme celles que soulève Bernard Buthion, responsable technique chez DTP Terrassement : « À quelle vitesse roule-t-il ? Quelle est sa consommation ? Avec quelle pelle est-il en adéquation ? » Sur la carrière anglaise, le tombereau était chargé par une Komatsu PC1250/SP, un peu trop grosse. Un modèle de 100 t serait suffisant. Pour s’en assurer, les terrassiers aimeraient tester la machine pendant plusieurs jours. Quand Bell France proposera une nouvelle machine en démonstration ? « Nous ne savons pas encore… », regrette Céline Gutierrez, directrice générale de Bell France, qui a pourtant pu constater l’intérêt que suscitait cette nouveauté chez ses clients français.

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