Evénement

« Le bâtiment est un outil essentiel de la transition écologique »

Mots clés : Démarche environnementale - Entreprise du BTP - Gouvernement - Logement social

« Le Moniteur » interroge les candidats sur leurs propositions pour le BTP. Cette semaine, Benoît Hamon.

Quels leviers comptez-vous actionner pour répondre à la forte demande de logements en France ?

Je propose de créer des zones de mobilisation foncière dans les territoires les plus tendus pour lutter contre la rétention et la spéculation. Par ailleurs, je mobiliserai des moyens supplémentaires avec l’objectif de construire 150 000 logements sociaux par an, dont 130 000 très sociaux (PLUS/PLAI). De même, je propose d’engager la construction de 60 000 logements sociaux pour les jeunes (logements spécifiques conventionnés) et d’adapter 150 000 logements au vieillissement sur la durée du quinquennat, en instaurant un micro-crédit à taux zéro et en créant un crédit d’impôt « bien vieillir ». Enfin, le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) sera doté de 10 milliards d’euros et une péréquation des ressources des collectivités sera engagée.

Quelle place occupe le bâtiment dans votre politique écologique ?

Le bâtiment est un outil essentiel de la transition écologique. Je lancerai un programme massif de 100 milliards d’euros sur cinq ans permettant la rénovation thermique des bâtiments publics et des logements privés, financé par des emprunts de très long terme de la Caisse des dépôts.

Comment financerez-vous les investissements de long terme ? Par l’emprunt ? La fiscalité ? L’appel au privé ?

Je compte employer trois moyens pour financer ces investissements. Tout d’abord, le recours à l’endettement, car les principales institutions internationales (OCDE et FMI) nous le disent : c’est le bon moment pour s’endetter. Les taux d’intérêt sont bas et notre pays souffre surtout de sous- investissement chronique. La fiscalité carbone nous permettra en outre de financer une partie de ces investissements. Mais nous laisserons évidemment une large place au financement privé, en le réorientant vers la transition écologique.

Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, canal Seine-Nord Europe… Quel sort réservez-vous aux projets en suspens ?

Lorsqu’il est établi qu’un grand projet d’investissement local ou national peut avoir un lourd impact écologique, une conférence de consensus, réunissant experts, citoyens, élus, associations, doit être organisée pour faire émerger des solutions alternatives, alliant le réalisme économique, le progrès social et la préservation de l’environnement.

Comment permettre aux collectivités de lancer des chantiers alors que leurs moyens déclinent ?

Je stabiliserai notre organisation territoriale et renouerai avec l’esprit de la décentralisation dans un pacte de confiance avec les collectivités. Aucune dépense supplémentaire ne sera demandée sans ressources nouvelles.

Une feuille de route définira un cadre financier pour le quinquennat, décliné chaque année par une loi de financement des collectivités. Il faut aider davantage les maires bâtisseurs à financer leurs équipements. Une partie de la dotation globale de fonctionnement sera donc modulée en fonction des constructions de logements et du respect de leurs objectifs inscrits dans les programmes locaux de l’habitat.

« Je stabiliserai notre organisation territoriale et renouerai avec l’esprit de la décentralisation. »

Le travail détaché est légal en France, sous certaines conditions. Comment lutter contre les abus ?

Sur le volet social, je veux mettre fin à la concurrence entre les peuples. Je proposerai un processus de convergence sociale qui débutera par un salaire minimum par pays à hauteur de 60 % du salaire médian. La directive sur les travailleurs détachés sera révisée pour garantir le respect du principe « à travail égal, salaire égal » : lutte contre la fraude des sous-traitants, renforcement des inspections du travail et des contrôles sur les chantiers.

Le compte pénibilité, tel qu’imaginé actuellement, est-il la bonne réponse aux travaux difficiles ?

Pour que chacun puisse bénéficier d’une même durée de retraite en bonne santé, je veux remplacer la loi Travail par une nouvelle loi qui renforcera entre autres le compte pénibilité et le compte personnel d’activité.

Prévoyez-vous de favoriser l’accès des PME, voire des PME locales, à la commande publique ? Si oui, comment ?

Pour une économie renforcée face à la mondialisation, j’accorderai la priorité au « made in France ». La moitié des marchés publics seront réservés aux petites et moyennes entreprises. J’introduirai des clauses sociales, environnementales, d’emploi et de « produire local ».

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ENCADRE

Ses engagements pour le BTP

– Viser la construction de 150 000 logements sociaux, dont 130 000 très sociaux.

– Lancer un programme de 100 milliards d’euros pour la rénovation thermique des bâtiments publics et des logements privés.

– Doter le NPNRU de 10 milliards d’euros.

– Renforcer le compte pénibilité dans une nouvelle loi Travail.

– Engager un processus européen de convergence sociale, réviser la directive sur le détachement et renforcer les contrôles.

– Moduler une partie de la dotation globale de fonctionnement des communes en fonction de la construction de logements.

– Organiser des conférences de consensus autour des grands projets d’aménagement.

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