Architecture Drones

Le baptême de l’air d’Artelia

Le groupe d’ingénierie a créé un service de collecte de données par drones.

Ses ambitions dépassent le simple film de chantier.

Le drone devient un volatile commun dans le ciel des chantiers. Jusqu’à présent, on trouvait aux commandes de ce type d’engin des entreprises spécialisées, à l’image de Redbird ou Azur Drones. L’arrivée d’Artelia dans ce secteur constitue un événement notable. Le groupe d’ingénierie a lancé Artedrones, en mars dernier, un service d’acquisition de données aériennes par le biais de ces petits aéronefs. Ses équipes ont testé le procédé sur certains de ses chantiers franciliens comme, en Seine-et-Marne, le plan d’eau artificiel Aqualagon à Marne-la- Vallée et le centre commercial Carré Sénart à Lieusaint.

« Nous avons débuté par un usage interne, explique Bernard Mercier, chef de projet au sein de la branche planification et organisation de la société. Le matériel embarqué par le drone apporte une vision nouvelle des travaux de construction. » L’unité compte aujourd’hui deux télépilotes formés et agréés par la direction générale de l’Aviation civile. L’un de ses appareils Yuneec Q500 est équipé d’une caméra vidéo 4K. Grâce aux images enregistrées par ce capteur, un ordinateur peut générer une représentation en 3D du site qui renseigne sur l’avancement du chantier. Les plans aériens peuvent aussi constituer un film promotionnel. « L’intervention se divise en trois phases. D’abord, nous définissons la mission avec le client, généralement un maître d’ouvrage, puis nous réalisons les démarches administratives nécessaires. Suivent enfin le survol du site et le traitement des données. Ces deux dernières étapes nécessitent environ une journée et demie », détaille Bernard Mercier.

D’autres débouchés en vue. Artelia envisage maintenant d’associer le suivi par drone à ses projets de BIM 4D ( building information modeling) . Cette évolution de la maquette numérique intègre la notion de temps. Elle permet d’estimer la durée des différents volets du chantier. « La 4D fournit une représentation physique du calendrier prévisionnel. Celui-ci sera recalé en fonction de l’avancement des travaux. Le BIM 4D pourrait devenir un outil contractuel important », observe Sébastien Rera, ingénieur coordinateur au sein du groupe. Le logiciel pourrait réviser ses prévisions initiales au moyen des vues fournies par l’engin volant.

En parallèle, l’entreprise réfléchit à d’autres applications. Elle possède déjà un second drone Yuneec Q500 qui transporte une caméra thermique. La machine peut traquer les déperditions de chaleur d’un bâtiment jusque dans ses recoins les moins accessibles. La télédétection par laser est aussi à l’étude. Cette technique ouvrirait la voie à des relevés topographiques aériens à moindre coût. Dans un autre domaine, Artelia participe à la conception d’un capteur embarqué pour la surveillance des cyanobactéries en milieu aquatique. Cet instrument repérera les taches colorées formées à la surface de l’eau par ces micro-organismes toxiques. Reste à convaincre des commanditaires. « Ces opérations ne requièrent pas de gros investissements. Mais la formation des télépilotes reste prépondérante », indique Bernard Mercier. La firme cherche désormais à nouer des partenariats pour établir son offre hors de l’Ile-de-France.

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