Architecture Courchevel

Le balnéaire en haute montagne

Mots clés : Aménagement de la montagne - Sport - Tourisme

Pour attirer les touristes toute l’année, la station de ski mise sur les plaisirs et les bienfaits de l’eau.

En montagne, pour atteindre des sommets de fréquentation touristique en toute saison, les stations de ski s’équipent désormais de centres aquatiques. En Savoie, Courchevel a inauguré le sien – Aquamotion – en janvier 2016. « Nous avons démoli notre piscine d’été vieillissante pour construire un centre aquatique qui puisse renforcer l’attractivité de la station toute l’année », explique Benoît Boitte, directeur des services techniques de la mairie. Environ 125 000 entrées – 45 000 en été et 80 000 en hiver – ont été enregistrées sur les douze premiers mois. Un succès.

La sobriété des matériaux et des couleurs met en valeur l’espace et la lumière.

Sur 10 000 m2 , le public a le choix entre diverses activités aquatiques – nage, plongeon, glisse – ou bien hors de l’eau – escalade, fitness, spa. « Aquamotion constitue la démonstration ultime de ce type d’équipement, qui associe ludique et bien-être, en réunissant les avantages d’un parc aquatique indoor et d’un centre de balnéothérapie », estime François Mouilleron, directeur du développement et du marketing chez Récréa. Ce gestionnaire d’équipements sportifs et de loisirs assure, avec l’exploitant HPC, à la fois l’entretien, la maintenance et l’animation pédagogique et commerciale du lieu, dans le cadre d’un contrat de délégation de service public d’une durée de huit ans.

Construction en site sensible. Des pays comme la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne font figure de modèles pour la France. « La baignade fait partie de leur culture et de leur budget, souligne François Mouilleron. Leurs établissements thermo ludiques sont beaux, étonnants et efficaces commercialement. » Le centre aquatique de Courchevel a été conçu par Auer Weber, une agence d’architecture allemande qui remportait là son premier concours de maîtrise d’œuvre dans l’Hexagone, en 2008. « Nous étions intéressés par l’intégration d’un si grand nombre de mètres carrés dans un site si sensible en montagne, indique l’architecte Stefan Niese. Vu d’en haut, le bâtiment ressemble à un mouvement de terre, une couche de paysage sous laquelle toutes les fonctions ont été enfouies. Vu d’en bas, c’est une façade vitrée sur la vallée. » Les espaces intérieurs sont couverts par une toiture végétalisée de 120 x 80 m qui émerge progressivement du sol et cadre le panorama. Cette cinquième façade, enherbée l’été et enneigée l’hiver, participe à l’isolation thermique et au camouflage de l’édifice. La charpente métallique à double courbure, élaborée par le bureau d’ingénierie parisien Bollinger + Grohmann, se compose de poutres en treillis croisées. Cette structure permet de couvrir un grand espace avec peu de points d’appuis (25 colonnes, 2 murs et 3 culées), de supporter des charges de neige élevées (650 kg/m2 en moyenne), de réaliser un chantier dans des délais contraints (montage uniquement pendant l’été) et de répondre à la réglementation parasismique. Quatre sheds concaves mesurant jusqu’à 27 m d’envergure percent la toiture pour baigner de lumière naturelle les divers espaces.

Optimisation des consommations . En raison de l’atmosphère corrosive, la galvanisation à chaud de l’acier a été préconisée. Des plafonds tendus hydrophobes ont également été disposés dans l’ensemble des zones humides. La mise en surpression du plenum permet de limiter la présence de chlorures. Une chaudière à bois assure l’essentiel du chauffage. Quant à l’air chaud du centre aquatique, il est récupéré, puis réutilisé. « Le plus difficile à gérer dans les installations techniques, ce n’est pas le changement de saison, mais la fréquentation qui peut fluctuer de 500 à 2 000 personnes d’un jour à l’autre en fonction de la météo, précise François Mouilleron. Tout l’art de l’exploitant réside dans l’optimisation des consommations. »

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Courchevel. Maîtrise d’œuvre : Auer Weber (architecte mandataire) ; Studio Arch (architecte associé). BET : Tractebel Engineering (structure béton), Bollinger + Grohmann (structure métallique), Brière Réseaux (fluides), Inddigo (HQE), Arpège Ingénierie (OPC), JML International (DET), Intégral Ruedi Baur (signalétique), Vanguard (économie), Acson (acoustique), Gérard Frisque/Les murs ont des plumes (scénographie), Ing. Bamberger (éclairagiste), Axe Saône (paysage).

Entreprise (gros œuvre, charpente, couverture) :

Spie Batignolles Sud-Est.

Surface : 10 000 m2 Shon.

Coût des travaux : 45 M€ HT.

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