Architecture Technique Ouvrage d’art

Lançage à 160 m au-dessus des vignes de la Moselle

Mots clés : Innovations - Ouvrage d'art

Un viaduc de 1 700 m de long prend forme sur un site remarquable : la vallée de la Moselle allemande. Un chantier qui associe procédés éprouvés et innovations techniques.

A son point le plus haut, le HochMoselBrücke culmine à la même hauteur que les flèches de la cathédrale de Cologne, soit à 160 m. C’est dire si la construction de ce viaduc autoroutier de 1 700 m de long – avec une portée maximale de 210 m – et de 29 m de large au-dessus de la Moselle, au nord de la ville de Trèves, dans le land de Rhénanie-Palatinat (Allemagne), relève du défi technique.

Comme pour le viaduc de Millau, l’ouvrage, qui pèse 25 000 tonnes, est lancé sur ses 10 piles en béton armé après avoir été assemblé, par tronçons, sur site. « Pour le lançage, nous avons d’abord dû ériger le pylône principal, haut de 22 m, à l’aide d’un pylône secondaire (tous deux provisoires). Ce dernier, relié par des câbles au premier, l’a levé en basculant en arrière », explique Marc Weber, ingénieur d’affaires pour Eiffage Construction métallique. Et d’ajouter : « Les câbles qui relient le pylône principal au tablier – pas moins de 160 km au total ! – servent, lors des différents lançages, à soutenir “le nez” de celui-ci pour éviter qu’il ne plonge dans le vide au-delà des 3 m tolérés pour franchir chaque pile. La tension des câbles est assurée par quatre vérins verticaux et des cales situés au pied du pylône. » Une dizaine de jours ont été nécessaires pour élever le pylône principal, un élément-clé du chantier du HochMoselBrücke.

Surveiller l’état du néoprène et du téflon.

Un autre défi technique est l’accostage des piles. « Elles doivent résister aux frottements générés par le lançage du tablier. Pour ne pas engendrer d’efforts sur les piles, et pour que les têtes de chacune d’elles restent immobiles, nous y installons des appareils de lançage. Placée sur un bloc-support en acier inoxydable, une butée mobile pousse horizontalement, à l’aide de deux vérins hydrauliques prenant appui sur une butée fixe, des cassettes de 30 cm de long, plus épaisses et plus courtes que les modèles classiques. Ces dernières sont composées de néoprène sur leur face supérieure, au contact du tablier, et de téflon sur leur face inférieure. Leur translation permet de faire glisser l’ouvrage », décrit Marc Weber. Outre un lançage de l’ouvrage significativement facilité, le procédé breveté par Eiffage – une amélioration d’un système éprouvé – permet aussi aux opérateurs de surveiller, tout le long des opérations, l’état du néoprène et du téflon. Une nécessité pour le bon déroulement du chantier.

A l’issue du lançage, en 2016, les appareils seront démontés pour être réutilisés ultérieurement sur un autre chantier d’ouvrage d’art sans doute tout aussi remarquable.

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ENCADRE

25 000 tonnes d’acier.
De 105 à 210 m de portée.
51 000 m² de route et trottoirs.

ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre : Landesbetrieb Mobilität Trier (LBM TR, land de Rhénanie-Palatinat). Groupement d’entreprises : Eiffel Deutschland Stahltechnologie ; Porr ; Eiffage Construction métallique. Montant des travaux : 108,1 millions d’euros, dont 85,4 millions pour la structure métallique. Calendrier du chantier : début 2010 – fin 2018.

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