Territoires Logement social

« La vision quantitative est révolue »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

François Cornuz, directeur général du bailleur social Domofrance.

Quel est l’impact du logement social en Aquitaine ?

Depuis trois-quatre ans, si nous n’avions pas réservé un certain nombre de logements dans les opérations de promoteurs aquitains, elles ne seraient pas sorties. La vision quantitative des Trente glorieuses est révolue. Les générations changent plus rapidement, leurs besoins et parcours résidentiels également. Il nous faut construire un nouveau modèle. Cela veut dire notamment une construction modulable, des espaces évolutifs, adaptables. Produire mieux, plus vivable, donc moins durable dans le temps, cela coûte plus cher. Il faudra reconstruire alors qu’on n’aura pas fini d’amortir.

Quel est pour vous le futur modèle du logement social ?

Pour moi, il s’agit de trouver l’équilibre entre la capacité contributive des personnes, pour pouvoir se loger, et le modèle d’accompagnement, avec l’aide personnalisée au logement. La mixité ne doit pas se réduire à faire toujours plus de logement social, c’est aussi la contribution de tous les acteurs à l’équilibre du logement.

Vous souhaitez une évolution du modèle de financement ?

L’amortissement moyen du logement social est de 50 ans, 40 ans sur l’immobilier, 60 ans pour le foncier. Je n’ai pas de solution miracle. Mais il faut qu’on reconsidère différemment l’endettement et l’actif, très peu pris en compte. Je négocie avec la Caisse des dépôts pour faire admettre que la négociation n’est plus seulement sur un encours mais aussi sur la valorisation d’un actif, qui garantit l’emprunt. Il faut également intégrer d’autres paramètres : l’emplacement, la clientèle, la demande de logement.

L’objectif de charte des 50 000 logements, que vous avez signé avec Bordeaux Métropole, est-il tenable ?

Non seulement il est tenable, mais il doit être tenu. Notre modèle économique ne peut plus fonctionner avec les prix que nous avons atteints : en sept ans, nous avons pratiquement doublé nos fonds propres pour monter nos opérations. On ne pourra pas aller plus loin. Alors nous continuons de constituer des réserves foncières pour peser au moins sur le prix de sortie. En coût de construction, nous souhaitons construire entre 1 800 et 2 100 euros/m2. Sur la Métropole, le coût du mètre carré se situe plutôt entre 2 600 et 2 700 euros, foncier et garage compris. La charte est donc ambitieuse.

Vous avez mis un pied en Ile-de-France…

A Sevran, nous avons 500 logements en cours et 900 en agrément. Nous répondons à des sollicitations des élus. Mais clairement, renforcer notre position en Aquitaine et sur nos métiers reste notre priorité.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X