Autres SÉNART (Seine-et-Marne)

La ville nouvelle se réinvente dans un carré

Mots clés : Innovations

Sélectionnée dans l’appel à projets du Grand Paris, la plus jeune ville nouvelle d’Île-de-France explore un modèle original : le financement privé et l’innovation s’accordent avec l’encadrement public et la planification, dans une vision compatible avec la mixité fonctionnelle et la réduction de la dépendance à l’automobile.

« J’ai mis fin à l’obsession du remplissage. « » Directeur des opérations de l’établissement public d’aménagement de Sénart après y avoir assumé la fonction de « directeur de l’urbanisme et du paysage » à partir de 1995, François Tirot a repensé le projet de centre d’agglomération en divisant son emprise par quatre.

Planifier le vide

Cette réduction a concentré les opérations autour d’un carré de 1,4 km2 . La figure géométrique renvoie au parcellaire du XVIIIe siècle autant qu’à une vision inspirée par le « Carré noir sur fond blanc » peint en 1915 par Kasimir Malevitch : « J’ai construit un masterplan avec du vide », se plaît à rappeler François Tirot, dont l’arrivée a mis fin aux perspectives issues du concours international d’urbanisme de 1986. L’idée d’une urbanisation intégrale de l’espace compris entre Lieusaint et Saint-Pierre-du-Per-ray se heurtait à une impasse : « Un projet hors d’échelle », tranche l’architecte urbaniste. Le décollage tardif de Sénart, comparativement avec les quatre autres villes nouvelles planifiées en 1965 en Île-de-France, renvoie à la question du désenclavement : le RER et l’autoroute A5 ne sont venus desservir le site qu’à la fin des années 1990 ; le TGV annoncé reste en attente, et une ligne de bus à haut niveau de service – le T Zen – occupe depuis 2011 l’emprise longtemps réservée à une ligne ferroviaire. Amoureux du plateau agricole situé aux confins de l’Essonne et de la Seine-et-Marne, l’inventeur du Carré Sénart en a dessiné le cadre avec quatre rangées de tilleuls plantés sur des bandes de terres excavées lors de la construction du canal où se déversent les eaux pluviales. Écho contemporain à la trame rectiligne du parc de Vaux-le-Vicomte, proche de Sénart, cet acte initial conjugue l’hydraulique et le...

Vous lisez un article de la revue Paysage n° 398 du 14/04/2017
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