Territoires Villeneuve-d’Ascq

La ville nouvelle se cherche toujours une âme

Pour son troisième mandat de maire (avec une interruption entre 2001 et 2008), Gérard Caudron (Divers Gauche) veut doter Villeneuve-d’Ascq (63 000 habitants) d’« un centre-ville du XXIe siècle qui renforce l’attractivité de la cité ». Un discours politique qui nécessite d’être décrypté. L’attractivité de Villeneuve est-elle vraiment l’enjeu quand le flux automobile du centre commercial V2 (et du stade Pierre-Mauroy les jours de match) noie littéralement la ville ou s’agit-il d’essayer de rectifier les grandes lignes d’un urbanisme qui a cumulé les erreurs, à commencer par l’hermétisme de V2 ? La réponse est sans doute dans la question à en juger par les préconisations du cabinet d’études Up, qui se résument en une formule : l’amélioration des liaisons. Entre les quartiers Pont-de-Bois et Triolo, via le quartier de l’hôtel de ville ; entre V2 et le Heron Parc, avec l’aménagement de 10 000 à 15 000 m2 d’offre commerciale, 20 000 m2 de logements et 24 000 m2 de bureaux ; enfin, entre le stade, le Forum des sciences, l’hôtel de ville et le Heron Parc, une boucle dont disparaîtraient plusieurs ronds-points et qui rendrait plus lisibles les accès au centre-ville.

Pour ce projet qui doit s’étaler jusqu’à 2024, la Métropole européenne de Lille (MEL) a prévu une enveloppe de 17,5 millions d’euros. Trop coûteuse, la démolition de la dalle haute le long de l’hôtel de ville a, par contre, été abandonnée, au profit d’un cheminement en terrasses. Désireuse de moderniser son centre commercial V2, Unibail-Rodamco pourrait, par ailleurs, y injecter 120 millions d’euros. L’idée d’un mail piétonnier traversant entre l’hôtel de ville et le Heron Parc a été soumise au bailleur.

Le maire de Lezennes fâché.

La municipalité et la MEL souhaitent également que les opérateurs privés apportent leur pierre à cette œuvre d’embellissement, en particulier sur un boulevard de Tournai parfaitement représentatif de « la France moche ». On sait déjà qu’Orange devrait y installer son siège dans un bâtiment de 17 000 m2. Mais il faudra aussi composer avec la municipalité de Lezennes, qui partage avec Villeneuve-d’Ascq le boulevard de Tournai et la moitié du foncier du stade Pierre-Mauroy. Or, son maire (PS) Marc Godefroy a été froissé par le fait que Gérard Caudron communique sur ce projet sans l’y associer.

Autre grand dessein villeneuvois : la requalification d’ici à 2020 de la friche 3 Suisses (12 ha), par son repreneur Argosyn. Après pas mal de tergiversations, on en connaît désormais le contenu : un quartier innovant et aéré de 711 logements (Nicolas Michelin/Cirmad), qui « favorisera les nouvelles manières d’habiter » et dont le quart du foncier sera aménagé en espaces verts. Une crèche, une école, une conciergerie, des bureaux, des logements hôteliers et une ferme urbaine y seront intégrés. L’ancien bâtiment des 3 Suisses sera, quant à lui, transformé en parking. A noter que la MEL profitera de cette opération pour y déployer son plan bleu : 23 millions d’euros ont été budgétés pour nettoyer le ruisseau la Petite Marque (qui coule sous la friche 3 Suisses) et le remettre en eau, dans le cadre de l’aménagement paysager d’un parc attenant au futur quartier.

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