Territoires Marseille

La Ville face au casse-tête des copropriétés dégradées

Mots clés : Gestion immobilière

En 2015, le rapport sur la requalification du parc immobilier à Marseille mettait le feu aux poudres. Son auteur, l’inspecteur général Christian Nicol, estimait à 40 000 le nombre de logements privés indignes à Marseille, soit 13 % du parc de résidences principales. La plupart d’entre eux se situent dans 10 grandes copropriétés dégradées : Consolat, Kallisté, la Maurelette, le Mail, Corot, les Rosiers, Plombières, Bel Horizon, Bellevue et Maison Blanche. Le centre-ville et les noyaux villageois du nord de la ville comptent aussi des petits immeubles dégradés dans lesquels les propriétaires ne parviennent pas à réaliser les travaux indispensables.

Les copropriétés marseillaises sont particulièrement vulnérables car d’une part, un quart de la population de la ville vit sous le seuil de pauvreté et, d’autre part, la municipalité a longtemps hésité avant d’intervenir dans les problèmes d’habitat privé où, en principe, elle n’a pas sa place. Les immeubles ont donc vu leur situation se dégrader parfois jusqu’au point où les problèmes sont trop graves pour que les copropriétaires puissent les résoudre eux-mêmes. « Au Mail G (86 lots), les copropriétaires avaient arrêté de payer leurs charges. Il y avait deux ans d’endettement lorsque la Ville a fait appel à nous », explique Véronique Eyraud, directrice adjointe de la concession chez Urbanis Aménagement. Mais cette copropriété a enfin été remise sur les rails et les travaux d’office – qui devaient être réalisés par la collectivité pour le compte des copropriétaires – ont finalement été votés par les copropriétaires eux-mêmes.

Multiplicité d’acteurs.

De son côté, Euroméditerranée se retrouve avec deux grosses copropriétés dégradées sur son périmètre : Bel Horizon (130 appartements) et Maison Blanche (230 appartements). La première a déjà fait l’objet de travaux de mise en sécurité, notamment parce qu’il s’agit d’un immeuble de grande hauteur. Et un appel d’offres pour un montant de 5 millions d’euros sur une deuxième phase vient d’être lancé. Quant à Maison Blanche, la question de sa démolition se pose mais celle-ci impliquerait l’expropriation et le relogement de tous les occupants.

La Ville de Marseille, quant à elle, envisage de créer un observatoire des copropriétés afin de fixer des priorités et d’adapter l’action publique. Il est aussi envisagé de lancer un programme opérationnel préventif d’accompagnement des copropriétés (Popac) pour les bâtiments les plus dégradés. Ce nouvel outil issu de la loi Alur permet de mobiliser des fonds exceptionnels.
Mais le problème de la multiplicité des acteurs, souligné par le rapport Nicol, n’est pas réglé : la Ville avec ses différents services, la Métropole, Euroméditerranée, le groupement d’intérêt public Marseille Rénovation urbaine mais aussi la préfecture et les différents bailleurs sociaux sont tous partie prenante à des niveaux divers de la rénovation des copropriétés. Tant que ce problème de gouvernance ne sera pas résolu, il sera difficile d’avancer efficacement sur ce sujet.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X