Territoires Lille

La vie de chantier de Demathieu Bard touche à sa fin en gare de Lille‑Flandres

Mots clés : Gares, aéroports

Rendez-vous a été pris à 11 h, mais Joachim Silva Ribeiro a encore un problème à solutionner. « Ce sont des chantiers usants, s’épanche le conducteur de travaux. Si on ne vit pas chantier 24/24, ce n’est pas la peine. Cette gare, depuis 2012, j’y passe ma vie. Il m’est même arrivé d’y dormir. »

La modernisation d’une telle infrastructure est déjà compliquée par les contraintes – bruit, poussière, gêne – engendrées par l’occupation du site durant les travaux : 80 000 voyageurs transitent chaque jour par Lille-Flandres, d’où la nécessité de réaliser des sarcophages. Mais l’opération devient carrément un casse-tête quand vous ne pouvez pas vous appuyer sur des plans fiables. Le conducteur de travaux se retrouve alors dans la position du chirurgien qui, nonobstant les radios et les scanners, ne sait jamais ce qu’il va trouver en ouvrant. « Depuis sa construction en 1848, cette gare n’avait fait l’objet que de rafistolages, explique Joachim Silva Ribeiro. On fait donc des découvertes tous les jours. On nous demande de tomber une cloison, et au premier coup de masse, on découvre un mur porteur. Bref, sur un tel chantier, il faut des démerdards. »

20 000 m2 de pierre naturelle.

La réorganisation des lieux (1) consistait à créer un centre d’affaires, des coques commerciales, un salon grands voyageurs, des espaces de vente, des locaux techniques, des toilettes, des réserves pour les commerces, et en la refonte complète du hall central et de la trémie d’accès au métro. « Du très gros œuvre », résume Joachim Silva Ribeiro. Une grue de 70 t fut un temps installée à l’intérieur de la gare pour déplacer les blocs de béton. Trois lots (2) avaient été attribués à Demathieu Bard (relogement, désamiantage, gros œuvre et second œuvre), représentant 65 000 heures de travail, dont 10 000 heures de nuit. L’entreprise a notamment recouvert le sol de 20 000 m2 de pierre naturelle, refait à l’identique le plafond historique du hall d’entrée, après avoir renforcé sa structure et réalisé un caisson coupe-feu 2 h, et traité la grande poutre du vestibule à la peinture intumescente.

L’adaptation obligée aux difficultés rencontrées aura inévitablement entraîné des dépassements. De temps – le chantier devait initialement être livré au printemps 2015 – et de budget : de 18 millions d’euros au départ, l’addition devrait finalement atteindre 23 millions d’euros. Mais Joachim Silva Ribeiro et ses compagnons entrevoient le bout du tunnel. Le hall central, où règne désormais une température constante de 15 degrés, et l’accès au métro ont été rouverts au public le 18 décembre, en attendant la livraison de l’ensemble des travaux, au premier trimestre 2016.

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(1) Maîtrise d’ouvrage : SNCF-Gares & Connexions ; maîtrise d’œuvre : Arep. (2) Six autres lots avaient été attribués à Delannoy-Dewailly, Diter, Hecfeuille et Spie.

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