Construction numérique AVANT-PROPOS

La transition numérique dans le bâtiment en bonne voie

Des pouvoirs publics très investis

Dans le cadre du programme gouvernemental « Objectif 500 000 logements », le groupe de travail « Innovation » a insisté sur la nécessité de développer le numérique dans la construction. Une proposition retenue par la ministre du logement d’alors, Cécile Duflot, puis par Sylvia Pinel et Emmanuelle Cosse qui a pris sa suite. Pour les ministres, le développement du numérique est de nature à entraîner une rupture positive dans un monde de la construction en pleine crise. Il est aussi un facteur d’attractivité pour les jeunes dans ce secteur.

Un vrai appétit partagé pour le numérique

Fin juin 2014, lorsque j’ai été chargé par la ministre du logement d’une mission d’étude sur le numérique dans le bâtiment, je n’évaluais pas vraiment l’intérêt des professionnels pour un développement de l’usage des outils numériques dans la construction. La lettre de mission de la ministre insistait sur la nécessité d’« embarquer » tous les professionnels dans le développement du BIM, thème central du questionnement. Si les majors du BTP et les grands groupes d’ingénierie maîtrisaient les outils numériques depuis les années 2000, je craignais que les autres acteurs considèrent le digital avec méfiance et ne se sentent pas concernés. J’ai eu la bonne surprise de découvrir, dans l’ensemble du secteur, un vrai appétit partagé.

Les organisations professionnelles percevaient les gains de productivité à en tirer pour construire et rénover mieux, plus vite et moins cher. Les acteurs du bâtiment souhaitaient qu’un signal soit donné par l’État. Je n’ai rencontré que des gens qui avaient une vision positive. Mais pas naïve, car ils devinaient les difficultés en matière d’investissement et de complexité des outils. La rupture sera plus forte que celle de l’arrivée de l’informatique dans les années 1980 car le caractère collaboratif du BIM modifie l’organisation du travail et la manière de travailler ensemble.

La priorité : aller vite en n’oubliant personne

À l’issue de cette mission, la ministre du logement a annoncé d’emblée la mise en place du Plan de Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB), doté de 20 M€, et m’a chargé de présider le comité de pilotage de ce Plan (PTNB). Le mot-clé de ce plan lancé début 2015 pour 3 ans est « accélérer » l’appropriation du numérique par l’ensemble des acteurs de la filière. Pour qu’il n’y ait pas une transition à deux vitesses : d’un côté des entités qui ont les moyens financiers et humains de comprendre l’intérêt et l’urgence de s’engager dans cette nouvelle démarche, et de l’autre des professionnels qui tardent à se lancer. C’est pourquoi la cible principale est les PME et TPE. Les maîtres d’ouvrage jouent un rôle essentiel car ils peuvent, s’ils le souhaitent, imposer le BIM dans les projets.

Le plan s’achèvera fin 2017 mais l’effort doit être poursuivi

Trois ans, c’est trop court. Il ne faudra pas s’arrêter à la fin de l’année 2017. Nos actions auront commencé à faire basculer le bâtiment dans le numérique. Mais il faudra plus de temps pour en généraliser les pratiques et moderniser toute la filière. Au-delà du bâtiment, il y a les réseaux, les infrastructures, la ville… Au-delà du BIM et de la maquette numérique, de nouvelles technologies numériques arrivent dans la construction (impression 3D, drones, réalité virtuelle, objets connectés, « smart grids »…) et vont impacter les modes de construction et de gestion des ouvrages. Nous ne sommes donc qu’au début d’une ère nouvelle.

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