Territoires Nantes

La transition énergétique fait débat

Qu’elle soit sociale, économique ou écologique, la transition est partout. De même que la concertation. Voire mieux : la coconstruction. C’est justement la marque de fabrique revendiquée par Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes et présidente de Nantes Métropole, pour qui « un nouveau cycle s’est ouvert, marqué par la transparence et la coconstruction avec les habitants ». Aussi, deux ans après le débat sur la Loire, la métropole invite ses habitants à plancher sur la transition énergétique. « Les villes et métropoles ont les moyens d’agir pour faire de la transition énergétique une opportunité de créations d’emplois, d’innovations technologiques, de transformations urbaines, tout en veillant à ce qu’elle ne soit pas source d’inégalités », estime Johanna Rolland.

« Nous ne reviendrons pas sur les grands objectifs du mandat, comme celui de chauffer la moitié des logements sociaux grâce aux énergies renouvelables », prévient Julie Laernoes, vice-présidente (EELV) de Nantes Métropole, en charge du débat. La jeune élue promet un « bouillonnement d’initiatives » autour des quatre thèmes retenus : modes de vie, paysages, accès à l’énergie et innovations.

600 000 euros pour sept mois.

Doté d’un budget de 600 000 euros, ce « grand débat » s’est ouvert pour sept mois. Pour que chacun dispose du même niveau d’information, un document socle a été édité et un site Internet (1) centralise toutes les contributions. Comme pour les enquêtes publiques, on retrouvera les traditionnels « cahiers d’acteurs », des auditions publiques, mais aussi des séminaires d’acteurs. Un label « La transition énergétique c’est nous » viendra soutenir les initiatives locales. Pour dynamiser le débat, six communautés, animées chacune par une équipe professionnelle dédiée, ont été imaginées : les défricheurs, les précurseurs, les astucieux, les activateurs, les arpenteurs et les évaluateurs. Enfin, une commission citoyenne est chargée de veiller au bon déroulement du débat. En avril 2017, au terme du débat, cette commission devra produire un rapport à destination des élus de Nantes Métropole. « Les préconisations citoyennes seront instruites pour aboutir à des décisions qui engageront l’avenir de la métropole », assurent les élus.

Reste à savoir si le « grand débat » promis passionnera les Nantais. A première vue, le thème de la transition énergétique semble faire l’unanimité. Mais lorsqu’on l’aborde concrètement, le consensus se fissure. Les élus nantais en savent quelque chose. S’il y a bien un sujet lié à l’énergie qui déchaîne les passions, c’est celui de la chaufferie de la Californie, à Rezé. A priori, on pourrait parer cette centrale thermique gaz-biomasse – qui alimentera par réseaux de chaleur les nouveaux quartiers de Pirmil et de l’île de Nantes – de toutes les vertus. Or, la centrale, actuellement en construction, se situe à proximité de quartiers d’habitation : Bouguenais, mais surtout Trentemoult, un ancien village de pêcheurs devenu l’un des secteurs les plus prisés de la métropole, et dont les habitants sont fermement opposés au projet (photo ci-dessus).

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