Territoires Paris

La tour Montparnasse prépare sa mue

Faire du bâtiment le plus mal-aimé de Paris un monument désirable. L’invitation faite au monde de l’architecture de métamorphoser la tour Montparnasse ne devrait pas manquer de titiller son goût du défi. Le 16 juin, l’Ensemble immobilier de la tour Maine-Montparnasse (EITMM), dont fait partie la copropriété de l’immeuble, a en effet lancé un concours international de maîtrise d’œuvre qui devra lui permettre de désigner l’équipe en charge de ce chantier hautement symbolique.

Inaugurée en 1973, la tour Montparnasse était censée devenir un monument de la modernité. Mais ce qui était alors la tour de bureaux la plus élevée d’Europe, avec sa stature de 209 m, n’a jamais remporté l’adhésion. Les Parisiens la jugent encore souvent trop haute, massive, opaque… « Aujourd’hui, nous avons envie d’autre chose, d’une allure générale de la tour qui sache mieux jouer avec le ciel, les nuages », confirme Patrick Abisseror, le président de la structure « Demain Montparnasse », créée pour porter le projet. « Là sera un des enjeux majeurs de ce chantier, confirme l’architecte Jean-Marie Duthilleul qui conseille et assiste la copropriété. Les architectes candidats devront d’ailleurs faire un choix : voudront-ils que la tour se fonde davantage dans le paysage ou, au contraire, la rendront-ils plus expressive ? »

Créer de nouveaux accès.

Démonter ces 40 000 m² de façades équipées en simple vitrage aura l’avantage d’améliorer le confort thermique de la tour. En effet, le futur chantier ne sera pas uniquement cosmétique. La tour sera totalement restructurée. Les installations techniques seront requalifiées, les plateaux de bureaux réaménagés, le flux des occupants et des visiteurs repensés… Pour Jean-Marie Duthilleul, il faudra notamment retravailler son rapport au sol en créant une nouvelle entrée principale face à la gare Montparnasse voisine mais aussi un accès spécifique pour les touristes. Chaque année, ils sont ainsi 1,2 million chaque année à visiter l’espace panoramique du 56e étage et le toit-terrasse. Les travaux qui devraient débuter fin 2019 pour une livraison en 2024, parachèveront le désamiantage du bâtiment qui a déjà été mené sur 80 % des surfaces. Il ne sera en revanche pas possible de modifier la silhouette échancrée de la tour puisqu’une étude technique a montré qu’il n’était pas possible de modifier la forme des plateaux.

Le concours de maîtrise d’œuvre est ouvert et les équipes d’architectes et de bureaux d’études pourront candidater sur références et note d’intention jusqu’au 13 juillet. Un site Internet dédié a été ouvert (www.demain-montparnasse.com). Les six finalistes qui seront sélectionnées en septembre remettront leurs projets d’ici à la fin 2016. Les copies seront analysées par un comité d’orientation composé de professionnels et soumis pour avis à la mairie de Paris, aux élus des arrondissements alentour et aux riverains. Mais le choix du lauréat, au printemps prochain, reviendra aux 73 copropriétaires de la tour, qui financeront à 100 % ce chantier estimé à plus de 300 millions d’euros HT. Au risque de faire émerger le dossier le plus consensuel ? Patrick Abisseror et Jean-Marie Duthilleul l’assurent : « Ce projet ne pourra en aucun cas être tiède. »

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