Aménagement

La technologie est un esclave utile mais un maître dangereux

Face à ces enjeux, la tentation est grande de la ville « industrialisée », faite uniquement de capteurs, d’algorithmes, d’efficience dans les silos (circulation, énergie, stationnement,…), alors que la promesse de la ville intelligente ce sont les transversalités.

La ville n’est pas un système d’exploitation, elle est à la fois « le support et la conséquence de l’organisme vivant qui l’habite » comme définit par Jean de Rosnay, biologiste et prospectiviste.

À l’opposé d’un modèle qu’il suffirait de copier et démultiplier, un projet de smart city c’est d’abord une démarche, la construction d’une méthode d’action et de réflexion au service d’un projet politique du vivre ensemble.

La smart city c’est passer de la ville Informatique à la ville Numérique. Il s’agit de construire une ville collaborative, contributive, disruptive, inclusive, créative.

Pour saisir cette chance, il convient cependant de construire la ville intelligente dans le bon sens, en partant de l’habitant, de ses besoins et de ses demandes. Plusieurs villes nées de l’idée que la technologie pouvait se substituer à un projet urbain ont vu le jour sans faire la démonstration, à ce jour, de leur modèle. On peut citer par exemple Masdar (Emirats Arabes Unis) ou Songdo (Corée du Sud).

Pour mettre en place des stratégies smart city les pouvoirs publics doivent donc, comme les entreprises du numérique, placer « l’expérience citoyen » au centre de l’élaboration des politiques publiques (passer du « user-centric » au « citizen-centric » ). Cela appelle une plus grande concertation, co-élaboration et co-gestion des services publics et privés, facilitées par les outils numériques dans une logique du droit à la ville pour tous.

En construisant avec les habitants, les pouvoirs publics améliorent la décision, et la ville devient plus intelligente. Les outils numériques amplifient ce phénomène, le facilitent et améliorent l’efficacité des services.

Car après une mondialisation de bon nombre de produits, de modèles et de services, la vie et l’histoire de l’humanité vont de nouveau s’écrire dans la proximité : le XXIe siècle sera indéniablement celui des villes, celui des territoires.

Ainsi trois priorités se distinguent clairement pour mettre l’humain au cœur des villes intelligentes qui doivent devenir les principes directeurs pour la construction de tous les projets smart city .

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ENCADRE

Encadré 1 : trois principes directeurs de la smart city

Principe n° 1 : organiser une réelle gouvernance

Chaque structure intercommunale devra se doter d’une structure de gouvernance associant à minima élus et administration, et plus efficacement l’enseignement supérieur et des acteurs économiques, permettant de sortir des politiques de silo vers une réelle transversalité.

Principe n° 2 : assurer la souveraineté, éviter la privatisation de la ville

Les enjeux de souveraineté doivent être appropriés à tous les niveaux de décisions pour s’assurer que les territoires gardent la maîtrise de la donnée, des outils, applications smartphone , des logiciels métiers, et que la standardisation et la réversibilité soient des préalables.

Principe n° 3 : garantir une ville inclusive

Donner une place à chaque citoyen, sans fracture sociale ou numérique. Dans une vraie logique d’ empowerment le mettre au cœur des projets en passant d’une approche centrée usager ( user centric ) à une approche centrée citoyen ( citizen centric ).

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