Annuel aménagement

« La SGP veut contribuer au Grand Paris du logement et de l’aménagement »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel

Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP)

Où en est le projet de Grand Paris Express ?

Les premiers travaux démarrent cet automne sur la ligne 15 sud (Pont de Sèvres/Noisy-Champs) avec la réalisation du premier puits d’essai à Cachan et le lancement des travaux préparatoires à la construction du site de maintenance et de remisage de Champigny. Viendront ensuite, à partir du 2e trimestre 2015, les dévoiements de réseaux. Le début des gros travaux – génie civil des gares et creusement du tunnel -, est prévu fin 2016, début 2017. Par ailleurs, en septembre, nous avons désigné les équipes de maîtrise d’œuvre des lignes 14 (Mairie de Saint-Ouen/Saint-Denis-Pleyel), 16 (Saint-Denis-Pleyel/Noisy-Champs) et 17 sud (Saint-Denis-Pleyel/Le Bourget RER).

A ce jour, la Société du Grand Paris (SGP) a signé 98 marchés de maîtrise d’œuvre pour un total de 698 millions d’euros et ce sont 1 150 professionnels qui travaillent à la conception du Grand Paris Express coordonnés par les 128 agents de la SGP. Ce projet mobilise déjà fortement l’ingénierie française !

Comment se déroulent les acquisitions foncières ?

Les acquisitions de parcelles de surface pour l’implantation des gares et des sites de maintenance avancent bien. Concernant les tréfonds, nous avons obtenu du gouvernement l’inscription dans le projet de loi sur la transition énergétique d’un article qui transforme les acquisitions en servitudes. Si cette disposition voit le jour – la loi devrait être adoptée au premier semestre 2015 -, cela signifie qu’une fois obtenue la déclaration d’utilité publique (DUP), la SGP pourra commencer les travaux sans avoir à acheter les tréfonds et les propriétaires seront indemnisés a posteriori. C’est un immense accélérateur car plusieurs milliers de parcelles sont concernées pour l’ensemble du réseau. Financièrement, le montant de l’indemnisation sera presque équivalent à celui de l’acquisition, de l’ordre de 200 à 300 euros l’unité.

Il y a quelques mois, certains élus se sont inquiétés du financement du projet…

Les recettes de la SGP devraient rester relativement stables au cours des années à venir, de l’ordre de 500 millions d’euros par an. Je rappelle que l’une de ces ressources provient de la taxe sur les bureaux et non pas de la redevance sur la création de bureaux. La première est assise sur le parc existant et reste relativement dynamique malgré le ralentissement du marché de l’immobilier d’entreprise. Comme l’avait annoncé le gouvernement en mars 2013, ces recettes pourront être augmentées avec la mise en service des premiers tronçons, en l’occurrence la ligne 15 sud, à l’horizon 2020. La SGP aura aussi recours à l’emprunt.

Pourquoi avoir publié avec l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) une carte sur les quartiers de gares du Grand Paris Express ?

A travers la réalisation du métro automatique, la SGP veut contribuer au Grand Paris de l’aménagement et du logement, et à l’objectif des 70 000 logements par an. Développer des projets immobiliers aux abords des gares constitue un premier pas mais insuffisant. Sur la ligne 15 sud, par exemple, cela devrait représenter 2 000 logements. C’est pourquoi, avec l’Apur, nous avons créé l’observatoire des quartiers de gares afin d’analyser, pour chacune des 69 gares du réseau le foncier mutable dans les années à venir dans un rayon de 800 m (15 minutes à pied). Ces 69 cercles représentent une superficie de 138 km2, supérieure à celle de Paris (105 km2). Cela donne une idée de l’ampleur du sujet. Cet outil se veut une aide à la décision que nous mettrons à la disposition de tous les élus. Charge à eux, ensuite, de définir des programmes. La situation varie beaucoup d’une gare à l’autre. Certaines sont insérées dans un tissu urbain très dense avec une marge de manœuvre limitée. Dans d’autres secteurs, en revanche, comme les Ardoines, le plateau de Satory, Gennevilliers… la gare va être un accélérateur du développement urbain.

Vous évoquez souvent le pack de l’aménagement. De quoi s’agit-il ?

Avec l’Agence foncière et technique de la région parisienne, l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France et l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, nous avons créé un groupe de travail : le pack public de l’aménagement. L’objectif est de partager nos informations et de nous mettre à la disposition des élus qui veulent s’engager dans la transformation des quartiers de gares.

La SGP a lancé sa première consultation d’opérateurs-architectes le 4 novembre…

Cette première consultation porte sur la réalisation du projet immobilier connexe de la gare de Créteil L’Echat, où 22 000 m2 de surface de plancher seront développés. Les consultations sur d’autres gares de la ligne 15 sud seront lancées dans les semaines et les mois qui viennent.

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ENCADRE

Biographie Né en 1957.

1991-1993 : sous-préfet à la ville dans les Yvelines.

1998-2002 : directeur du cabinet du ministre de la Ville.

2004-2012 : directeur général des services de l’Oise puis de Seine-Saint-Denis.

2012 : conseiller chargé des collectivités locales à Matignon.

Février 2014 : président du directoire de la SGP.

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