enjeux

La Seine musicale, des travaux menés allegro

Mots clés : Réglementation

Réalisé en PPP, ce nouveau lieu culturel a représenté un vrai défi pour les équipes.

Vingt-cinq ans après que les machines des usines Renault de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) se sont tues, la musique entre en scène sur l’île Seguin. La Seine musicale, le nouvel équipement culturel du département présidé par Patrick Devedjian, ouvre officiellement ses portes le 22 avril, au lendemain du concert de Bob Dylan, qui inaugure la programmation.

Posé sur la pointe aval de l’île, l’édifice aux allures de paquebot se déploie sur 36 500 m2 , de part et d’autre d’une rue intérieure desservant les différentes entités : la grande salle modulable (4 000 à 6 000 places) ; l’auditorium (1 150 places), consacré à la musique non amplifiée ; les espaces événementiels ; les studios d’enregistrement ; les locaux des formations en résidence : la Maîtrise des Hauts-de-Seine et Insula Orchestra. Equipement « dédié à toutes les musiques et à tous les publics », la Cité musicale se positionne aussi comme un nouvel espace public avec son jardin de 7 400 m2 aménagé sur la toiture de la grande salle, sa promenade extérieure en balcon sur le fleuve, ses cafés, ses restaurants animant la rue intérieure…

Contrat de partenariat. Pour réaliser et exploiter cet ouvrage (pendant vingt-sept ans à compter de la livraison), le département a signé, en juillet 2013, un contrat de partenariat avec le groupement Tempo-Ile Seguin, emmené par Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Montant des travaux : 170 M€ HT, dont 120 M€ financés par la collectivité locale. Lancé en juillet 2014, le chantier mené tambour battant s’est achevé fin 2016, avec tout de même six mois de retard par rapport au calendrier initial. Ce dépassement, qui a fait l’objet d’un avenant au contrat, apparaît justifié au regard de la complexité du projet. Premières difficultés, d’ordre logistique : une accessibilité réduite à l’île, l’absence de zones de stockage et la réalisation de travaux connexes (le parvis, la passerelle vers Meudon).

Présenté comme le « joyau » de la Seine musicale, l’auditorium a représenté un défi technique. Sa coque, protégée par une résille de bois habillée de 4 000 m2 de vitrages, est revêtue de sept millions de carreaux de mosaïque irisée verte. Ce « nid d’oiseau » est en partie enveloppé d’une voile recouverte de 800 m2 de panneaux photovoltaïques vert d’eau, montée sur rail afin de suivre la course du soleil. La création du jardin avec certaines pentes pouvant atteindre 76° a nécessité la mise en œuvre de nouveaux procédés pour retenir la terre et réaliser l’étanchéité. Enfin, la Seine musicale étant le premier bâtiment construit sur l’île, de nombreuses mises au point ont dû être effectuées entre le département, le groupement et l’aménageur, la SPL Val de Seine Aménagement. Une contrainte supplémentaire dans un timing particulièrement serré.

Personne publique : conseil départemental des Hauts-de-Seine. Opérateur : Tempo-Ile Seguin, composé de Bouygues Bâtiment Ile-de-France (mandataire), Sodexo sports et loisirs, Infravia, TF1 Conception-réalisation : Bouygues Bâtiment IDF Entretien-maintenance : Sodexo sports et loisirs. Exploitation artistique : STS Evénements composé de TF1 et Sodexo. Architectes : Shigeru Ban et Jean de Gastines.

BET : Setec TPI (structure), Lamoureux Acoustics et Nagata Acoustics (acoustique), Ducks Scéno (scénographie), RFR puis T/E/S/S (façade), Bassinet Turquin Paysages (paysage), Artelia (fluides).

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Il commande - « Un dialogue permanent avec le groupement »

« Pour réussir un contrat de partenariat, il faut une personne publique très solide. En février 2012, au début du dialogue compétitif, une équipe d’une dizaine de professionnels, spécialisés dans les domaines culturel, financier et juridique, a été formée. Elle a suivi le projet de bout en bout. Nous devions tous être très impliqués, par exemple, pour discuter des causes légitimes formulées par le groupement pour justifier du retard pris par le chantier, susceptible d’entraîner des pénalités.

De même pour la signature du constat de conformité, préparée très tôt.

Avec l’opérateur, nous nous sommes mis d’accord sur un référentiel à partir duquel nous avons émis quelques réserves qui seront bientôt toutes levées. Le dialogue permanent avec Tempo-Ile Seguin et l’aménageur, Val de Seine Aménagement, nous a permis de franchir les obstacles et d’aboutir à ce résultat : un équipement culturel unique en France. »

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Elle réalise - « Le chantier a tourné 24 h sur 24 durant 16 mois »

« Pour tenir les délais, l’exiguïté du site rendant difficile l’intervention de plusieurs corps de métier en même temps, le chantier a tourné pendant près de seize mois 24 h sur 24, le dimanche étant réservé aux essais acoustiques. En pointe, 1 100 ouvriers y travaillaient. Un projet comme celui-ci demande de régler des problèmes variés et de faire converger rapidement les points de vue vers la même décision. Ainsi, avec l’aménageur, nous avons dû finaliser le cahier des charges relatif au béton du socle de la Cité musicale ou encore choisir les pavés du parvis. Avec le CSTB, il a fallu convenir des protocoles de tests de sécurité incendie pour le plafond de l’auditorium composé de tubes de carton coupés. Cet ouvrage fait l’objet de deux Atex, l’une pour la façade de l’auditorium, l’autre pour le jardin. Nous avons évité de les multiplier car les procédures sont lourdes à gérer surtout dans des délais très courts. »

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Il conçoit - « Une équipe de 14 personnes pour suivre le rythme »

« Le plus difficile a été de gérer des délais très réduits. Pour suivre le rythme du chantier, nous avons installé sur le site une équipe de 14 personnes. Elle était dirigée par Philippe Monteil, qui avait une première expérience du PPP, ce qui n’était pas notre cas. Des délais resserrés impactent les travaux de gros œuvre. Lors du coulage du béton, des défauts sont apparus, et il a fallu recommencer. Un timing court a aussi des conséquences sur la qualité des finitions. Mais au final, la Cité musicale est telle que nous l’avions imaginée.

Cette équipe étoffée nous a donné plus d’efficacité vis-à-vis de Tempo-Ile Seguin. Par ailleurs, la dernière année du chantier, Shigeru Ban était présent tous les quinze jours. Plusieurs de nos propositions ont été acceptées par le groupement. Le fait que ce bâtiment soit emblématique, haut lieu de la Vallée de la culture et symbole de l’entrée ouest de Paris, a sans doute aussi joué en notre faveur. »

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