Territoires Loire

La seconde carrière du stade Le Corbusier à Firminy

Mots clés : Architecte

Pour Le Corbusier, culture et sport n’étaient pas antinomiques. Cette philosophie, il l’a mise en œuvre dans la conception du « Centre civique » de Firminy (Loire), le plus grand site urbain signé de l’architecte d’origine suisse en Europe. En contrebas de la maison de culture et de la jeunesse construite à l’aplomb d’une falaise, le stade s’inscrit dans une ancienne carrière de pierre. Pensé dès 1954, le projet de complexe sportif a été réalisé après la mort de Le Corbusier, entre 1966 et 1968, sous la conduite d’André Wogenscky et Fernand Gardien. Les 4 180 places des gradins, dont 500 abritées sous une casquette en béton, font écho au toit incurvé de la maison de la culture. Les entrées et sorties du public se font, comme dans les arènes gréco-romaines, par le haut, par un « boulevard des spectateurs ».

La rénovation du stade de Firminy a été engagée après la restauration de la maison de la culture bouclée en 2014. « Une première phase a concerné la restauration du béton, l’étanchéité du “ boulevard “, les fondations », indique Michelle Michaud, directrice du patrimoine, de l’aménagement, de l’urbanisme de la Ville de Firminy. Aucun désordre majeur n’a été constaté si ce n’est sur des éléments latéraux à la tribune.

Matelas de béton sous la piste.

Sur la base d’études du cabinet Sic Infra, certaines fondations ont dû être reprises à quelque 20 m de profondeur par l’entreprise Pyramide, mais aucune sous les gradins. Pour anticiper tout désordre éventuel, préjudiciable à l’exploitation future du stade, a été coulé un matelas de béton de 20 cm d’épaisseur, de 25 m2 de superficie, sous la piste d’athlétisme en bordure du puits de mine se trouvant au milieu de la fendue de la carrière. Tout le béton a été repris, chaque dalle déposée et répertoriée. Un tiers des dalles, endommagées, ont été reconstituées et disséminées dans les gradins pour ne pas altérer l’impression visuelle d’ensemble. Un gros travail a été mené sous la couleur du ciment par l’entreprise de maçonnerie Ellipse. Ces premiers travaux se sont achevés au printemps 2016.

Une 2e phase s’ouvre. Décomposée en deux tranches, elle concerne d’abord les aménagements intérieurs, les vestiaires, les guichets d’entrée au stade. Puis seront traités la piste d’athlétisme, la pelouse, et l’éclairage… Une option à l’étude, des pylônes ayant été dessinés sur le plan initial de Le Corbusier mais jamais installés. La rénovation du stade s’élève à plus de 6 millions d’euros, éclairage compris. L’Etat a débloqué 40 % de subventions. Ces travaux se termineront en 2018 ou 2019. Ils seront parachevés par la création d’un parcours d’interprétation au-dessus du stade, entre la maison de la culture et la piscine réalisée entre 1969 et 1971 par l’atelier d’André Wogenscky.

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