Territoires Tours

La rue Nationale entre dans le XXIe siècle

Soixante-quinze ans après les destructions de la seconde guerre mondiale, l’extrémité nord de la rue Nationale – l’artère centrale de Tours où circule le tramway – est en passe de retrouver son lustre d’antan. La municipalité vient de dévoiler un projet de réaménagement contemporain de ce quartier historique, dont la reconstruction avait été laissée inachevée faute de crédits. Entre la Loire, l’église Saint-Julien et l’Hôtel Goüin, petit bijou de l’architecture Renaissance, l’opération couvre 11 000 m2, un espace pour partie occupé par deux rangées de boutiques qui seront détruites d’ici à la fin d’année. La maîtrise d’ouvrage a été confiée à la Société d’équipement de la Touraine (SET), pour la réalisation des espaces publics (24 millions d’euros), et au groupe Eiffage, promoteur constructeur (35 millions d’euros).

Deux tours symétriques de 24 m de haut.

Porté par l’investisseur Naos, l’élément phare du projet est la construction, face à la Loire, de deux hôtels trois et quatre étoiles de 170 chambres au total, à l’enseigne Hilton (un Hampton et un Garden Inn). Avec leurs deux tours symétriques de 24 m de haut, en métal et verre sérigraphié, ils vont redessiner la physionomie du haut de la rue Nationale et auront une vue plongeante sur le fleuve ou les toits de la ville. L’objectif, selon l’architecte Andrew Hobson de l’agence Arte Charpentier, est de créer « une porte urbaine du XXIe siècle » en écho aux édifices prestigieux qui ont marqué le lieu : un arc de triomphe au XVIIe siècle en l’honneur de Louis XIV, puis des bâtiments néoclassiques détruits par la guerre, qui ont hébergé le musée et l’Hôtel de Ville, puis la bibliothèque. Sur la rue Nationale, les façades, plus classiques, seront traitées en pierre claire et rythmées par 4 800 m2 de commerces, surmontés d’un portique qui pourront se déployer sur plusieurs niveaux. Une quarantaine de logements viendront compléter le programme immobilier.

Ces nouveaux édifices s’intègreront dans un espace urbain recomposé, beaucoup plus ouvert, entièrement dévolu aux piétons. Pour rompre la continuité des bâtiments de la grande artère, une esplanade sera créée à hauteur du futur Centre de création contemporaine Olivier Debré (CCCOD) dont l’aménagement vient de débuter, dans les anciens locaux de l’école des Beaux-Arts. Elle sera agrémentée de jardins aux ambiances variées, là où des voitures stationnent aujourd’hui. « En face, la vue se dégagera sur l’église Saint-Julien, mise en valeur par un parvis redessiné et pavé de pierre calcaire, avec des rampes béton en pente douce ou des emmarchements pour répondre aux différences de niveaux qui caractérisent le site », précise Florence Bougnoux, de l’agence Seura Architectes qui accompagne la SET. Pour en profiter, les Tourangeaux devront encore patienter un peu : les travaux devraient débuter en 2016 et durer 22 mois, pour une livraison attendue à la fin 2018.  

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